Une pièce sur les violences faites aux femmes montée avec des détenus dans un théâtre de Dijon

Mis à jour le 10/12/2018 à 10H14, publié le 10/12/2018 à 10H09
L'auteure et metteuse en scène Gwendoline Rothkegel en pleine répétition quelques heures avant la réprésentation.

L'auteure et metteuse en scène Gwendoline Rothkegel en pleine répétition quelques heures avant la réprésentation.

© culturebox - capture d'écran

Le théâtre hors les murs de la prison. Dans le cadre du Festival des Nuits d'Orient, des détenus de la maison d'arrêt de Dijon ont joué en public, sur la scène du théâtre des Feuillants, après à peine un mois de répétitions. Plus qu'une représentation, un pas vers la réinsertion.

Douze femmes et hommes qui ont réussi leur pari, prouver qu’ils formaient une troupe de théâtre comme les autres. Et pourtant, ce n’étaient pas gagné d’avance. Ce spectacle est le fruit du travail d’un atelier théâtre qui a débuté le 12 novembre dernier seulement. Moins d’un mois après, ils étaient sur scène, devant des spectateurs sous le charme.
12 femmes et hommes de la maison d'arrêt de Dijon sont montés sur la scène du théâtre des Feuillants pour une unique représentation d'une pièce préparée en à peine un mois.

12 femmes et hommes de la maison d'arrêt de Dijon sont montés sur la scène du théâtre des Feuillants pour une unique représentation d'une pièce préparée en à peine un mois.

© culturebox - capture d'écran

On a des parcours différents, des caractères différents, des histoires différentes et regardez ce que l’on est capable de produire. Je trouve que c’est une belle réussite.

David, comédien amateur et détenu

Reportage : A. Berger / D. Iberrakene  / G. Parnalland / P. Jouanin

Des conditions de répétition inhabituelles

Comme le dit Gwendoline Rothkegel, auteure et metteuse en scène de la pièce, une petite magie a opéré et a permis de monter ce spectacle en très peu de temps. Comédiens et comédiennes par exemple ne se sont vus qu’une seule fois durant les répétitions avant de se retrouver directement sur scène pour une unique représentation.

Mais derrière la prouesse théâtrale, il y a également un vrai travail qui a été mené avec ces comédiennes et comédiens amateurs. Un travail sur la solidarité, le partage, l’acceptation de l’autre. Et puis il y a les thèmes abordés dans la pièce, entre autres la place de la femme et les violences conjugales. Les aborder par le théâtre permet, selon Cécile Peyrat en charge du projet pour l’administration pénitentiaire, d’aller plus loin dans la réflexion, et parfois plus vite, pour certains qui peuvent avoir du mal à aborder les faits pour lesquels ils ont été incarcérés.