"Poussière" avec Dominique Blanc : la pièce de Lars Norén entre au répertoire de la Comédie-Française

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/02/2018 à 14H46, publié le 11/02/2018 à 16H14
Dominique Blanc et Christian Gonon dans "Poussière" de la Lars Norén à la Comédie-Française

Dominique Blanc et Christian Gonon dans "Poussière" de la Lars Norén à la Comédie-Française

© France 3 / Culturebox

La Comédie-Française vient tout juste d'inscrire au répertoire "Poussière", une pièce de l'auteur contemporain Lars Norén. Un texte puissant sur la vieillesse, porté entre autres par Dominique Blanc et Danièle Lebrun. A voir jusqu'au mois de juin dans la salle Richelieu.

La Comédie-Française accueillait hier la première de "Poussière", une pièce contemporaine de Lars Norén qui entre au répertoire de la prestigieuse institution. Invité sur le plateau de France 3 Paris Ile de France, Eric Ruf, l'administrateur de la Comédie-Française revient sur les motivations de ce choix.  
Avec Lars Norén, c’est un écrivain contemporain majeur, l’un des plus représentés dans le monde, qui entre au répertoire de la Comédie-Française, s’inscrivant dans la tradition des auteurs écrivant pour la Troupe. Eric Ruf, rappelle à cet effet que le dramaturge scandinave "est un poète immense qui creuse des sillons de sens merveilleux". 

Reportage : J. Mirande / I. Audin / M. Susini

Rire avec la vieillesse 

Dans "Poussière", Lars Norén s'attaque à la vieillesse, un sujet de société contemporain, récurrent dans son oeuvre. 

Tous ces vieillards sont irrésistibles de charme et de drôlerie, ils ont aussi parfois de l'humour par rapport à eux-mêmes, ce qui est indispensable pour bien grandir

Dominique Blanc- Pensionnaire de la Comédie-Française
Poussière à la comédie-Française © France 3 / Culturebox

"Il ose dire et montrer les peurs des protagonistes face à la mort. "Il met la focale exactement à cet endroit où l'on va passer le trait. Qu'est-ce-que l'on emporte avec soi, que l'on soit croyant ou non-croyant?", souligne le directeur de la Comédie-Française. Malgré la noirceur du thème, le dramaturge parvient à en faire une pièce presque comique. "C'est un peu un rire d'effroi qui se dégage mais il s'agit bien d'une comédie".  

C’est une pièce sur les au revoir et les souvenirs, sur les dernières vagues à traverser avant la fin. Une pièce belle et mélancolique qui ne parle que de la vie.

Lars Norén

Du sur-mesure pour les comédiens

Dans "Poussière", Lars Norén met en scène dix personnes âgées, six hommes et quatre femmes, et la fille attardée de l’une d’entre elles. Un groupe de personnes qui partent en vacances depuis plus de trente ans au même endroit, une semaine, au soleil, dans un hôtel resort d’Espagne ou d’ailleurs. L'auteur suédois écrit ses textes pour les comédiens, il les suit jusqu'aux ultimes répétitions. "Il a pensé à eux en écrivant, il les a choisis, il m'a avoué avoir attendu de passer 70 ans pour écrire objectivement sur la vieillesse", raconte Eric Ruf.
Lars Norén dirige la mise en scène de "Poussière"

Lars Norén dirige la mise en scène de "Poussière"

© France 3 / Culturebox

La Comédie-Française, laboratoire de la création contemporaine

En choisissant de faire entrer la pièce contemporaine de Lars Norén au répertoire, la Comédie-Française poursuit sa vocation première insufflée par Molière : innover et monter des créations. "Lars Norén est un obsessionnel de l'humanité, il ne va pas chercher les comédiens, il va chercher l'humanité chez les comédiens", souligne encore le patron du plus grand théâtre de France.   

Anne Kessler et Danièle Lebrun 

Anne Kessler et Danièle Lebrun 

© France 3 / Culturebox

La folle tendresse du théâtre

Au programme cette année de la Comédie-Française, les classiques de Sénèque, Shakespeare ou Marivaux côtoient les oeuvres contemporaines de Lagarce ou Serge Bagdassarian. "Les poètes d'hier et les poètes d'aujourd'hui parlent exactement de la même chose, de notre crasse humanité et la catharsis que nous permet le théâtre est soit un réveil, soit une piqure de rappel ou une compassion collective, souligne encore Eric Ruf, avant de conclure, il y a beaucoup de folle tendresse dans la pièce de Norén".