Macbeth, une tragédie plus que jamais d'actualité au Quai d'Angers

Mis à jour le 15/03/2018 à 18H59, publié le 15/03/2018 à 18H14
Stéphane Roger est MacBeth.

Stéphane Roger est MacBeth.

© France 3 / Culturebox

C’est un monument du théâtre. "La tragédie de Macbeth" écrite par William Shakespeare en 1605 est à l’affiche du Quai à Angers. Une création signée Frédéric Bélier-Garcia qui démontre avec virtuosité que la pièce n’a pas pris une ride. L’envie, la peur, la lâcheté… Des sentiments plus que jamais dans l’air du temps. A découvrir jusqu’au 23 mars, puis à Marseille à la fin du mois.

Reportage : T. Poirier / G. Rihet / D. Boutmin
Dans le monde du théâtre, on évite de prononcer son nom, préférant la désigner comme "la pièce écossaise". "La tragédie de Macbeth" serait une œuvre maudite ou plutôt une œuvre à propos d’un désir maudit, celui d’être quelqu’un d’autre, quel que soit le prix à payer. Tout le monde connaît la destinée de ce chevalier que la prédiction de trois sorcières va pousser à la trahison, au meurtre puis à la folie. Derrière l’aspect fantastique de l’intrigue (des sorcières, des forêts en mouvement, des fantômes…) Macbeth reste une oeuvre profondément humaine. Qui en effet, n’a jamais rêvé d’être quelqu’un d’autre ? Dans nos sociétés qui glorifient la réussite, comment ne pas reconnaître en Macbeth le visage ordinaire de l’ambition ?
Des décors grandioses pour cette adaptation de MacBeth.

Des décors grandioses pour cette adaptation de MacBeth.

© France 3 / Culturebox
Ce sont ces sentiments si intimes et si répandus servis par une histoire extraordinaire qui ont fasciné Frédéric Bélier-Garcia. Après la mise en scène de la version lyrique de l'oeuvre de Shakespeare en 2016 à l'Opéra de Marseille, le fils de la comédienne Nicole Garcia récidive, cette fois au théâtre. De l’opéra, il a conservé les décors grandioses et effrayants. Pour le texte, il a choisi la très belle traduction du poète Yves Bonnefoy et quant aux comédiens, il fallait un géant pour incarner Macbeth et sa folie. Stéphane Roger, qui a déjà travaillé à trois reprises avec Frédéric Bélier-Garcia, a accepté de relever le défi. Un rôle physique et exigeant, tout comme celui de la perfide Lady Macbeth incarnée sur scène par Dominique Valadié. Un casting complété par une trentaine de comédiens issus des conservatoires régionaux. Du grand et beau spectacle.