"8 euros de l'heure" : Dany Boon mouille la chemise dans une pièce inaboutie de Sébastien Thiéry

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Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse

Mis à jour le 01/02/2019 à 10H57, publié le 01/02/2019 à 10H05
Dany Boon, Jorge Calvo, Valérie Bonneton dans "8 euros de l'heure"

Dany Boon, Jorge Calvo, Valérie Bonneton dans "8 euros de l'heure"

© Svend Andersen

Danny Boon et Valérie Bonneton dans une pièce de Sébastien Thiéry, "8 euros de l'heure", l’affiche avait de quoi séduire. La déception vient surtout de la pièce, prévisible, mal ficelée. Thiéry qui nous avait habitués à beaucoup mieux, envoie cette fois les comédiens au front pour sauver la soirée. Ils font tout ce qu’ils peuvent…

Le couple formé par Dany Boon (Jacques) et Valérie Bonneton (Laurence) vit dans grand loft cossu avec sac de golf dans l’entrée et Basquiat au mur. Jacques est cadre dans une grande entreprise, Laurence est décoratrice. Elle, qui porte une minerve est soudain prise d’angoisse, sa femme de ménage mexicaine, elle aussi a fait une chute et souffre des mêmes maux, elle aussi vient de perdre son téléphone portable, elle aussi vient de recevoir un coup de fil de son mari souffrant…

Maraboutée

Laurence est persuadée d’avoir été maraboutée et que tout ce qui arrive à la bonne lui arrivera à son tour. Le couple qui jusqu’ici exploitait sans vergogne cette femme sans papier, va changer d’attitude, persuadé qu’en la sauvant, c’est leur couple qu’ils sauveront.

"8 euros de l’heure" ne démarre pas trop mal, instillant ce climat inquiétant et mystérieux qui est la marque de fabrique de Thiérry. Mais très vite ça patine, l’intrigue se résume à un papier de cigarette, et dans un texte sans finesse peu de répliques font mouche.
Dany Boon et Valérie Bonneton

Dany Boon et Valérie Bonneton

© Svend Andersen

Justesse de Dany Boon, faiblesse du texte 

Valérie Bonneton dont on connait pourtant le talent, joue toujours sur la même note, et très vite force le trait pour combler les manques de son personnage. La bonne, confiée à un homme, Jorge Calvo, est plus dérangeante que drôle.

Heureusement il y a Dany Boon qui donne beaucoup de justesse, de drôlerie et de sincérité à son personnage, qu’il réussit à faire évoluer tout au long de la pièce. Et Stéphane Hille le soutient par sa mise en scène rythmée, mais elle ne suffit pas à compenser la faiblesse du texte.

Au bout d’une heure trente, qui parait beaucoup plus, même les fans de Dany Boon venus en nombre, se contentent d’applaudir poliment. Dommage.