Le Festival d'Avignon a enfin démarré

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/07/2014 à 19H42
Les rues d'Avignon samedi soir

Les rues d'Avignon samedi soir

© Sophie Jouve

Avec un peu de retard à l'allumage, le festival a enfin démarré samedi ! Comédiens, mimes, musiciens, pirates et danseuses en tutu ont envahi les rues d'Avignon pour le lancement du "Off", puis ce fut l'ouverture du festival officiel, le "In", retardé d'un jour en raison du mouvement de protestation des intermittents.

Chacun croise les doigts, après le coup de semonce de vendredi, qui a vu l'annulation des deux spectacles inauguraux du festival, "Le Prince de Hombourg" et "Coup fatal", les équipes ayant décidé de suivre le mot d'ordre national de grève de la CGT Spectacle.
   
Après un vendredi morose, où la pluie s'était aussi mise de la partie, l'animation habituelle de la "ville théâtre" a repris ses droits avec les parades festives du "Off", leurs mimes, comédiens, musiciens et
acrobates. "Meilleure pièce d'Europe!" clamait un comédien, "Ionesco version tango!" promettait l'autre, parmi plusieurs dizaines d'artistes vantant les mérites de leur spectacle. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_149319@Culture

Un programme copieux samedi

 "Le Prince de Hombourg", créé au Festival d'Avignon par Jean Vilar avec Gérard Philipe et Jeanne Moreau en 1951, a enfin été  donné à 22h dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes.. Cette première a donné symboliquement le coup d'envoi du 68e Festival d'Avignon. France 2, qui avait déprogrammé la pièce vendredi, l'a finalement diffusée à 00h05.

Cette pièce sera disponible en replay sur Culturebox lundi 7 juillet à partir de 20h.

Trois autres pièces du 'In" ont été données ensuite dans la soirée, sans aucune anicroche mais accompagnées à chaque fois d'une courte intervention des équipes contre la nouvelle convention chômage.
   
"Orlando ou l'Impatience", la création d'Olivier Py, premier artiste à diriger le Festival d'Avignon depuis son fondateur Jean Vilar, a ainsi donnée samedi soir, ainsi que "Coup fatal", un ballet d'Alain Platel avec des musiciens de Kinshasa et "The Humans", du Franco-américain Alexander Singh. 
"Orlando ou l'Impatience" d'Olivier Py au programme du festival 2014

"Orlando ou l'Impatience" d'Olivier Py au programme du festival 2014

© AFP
Des prises de parole mais plus d'annulations au menu
   
La Coordination des intermittents et précaires (CIP) a appelé à une grève le 7 juillet dans le "Off", et la CGT Spectacle le 12. Pour sa part, le collectif représentant le personnel du festival a souligné qu'aucune autre grève n'était prévue à ce stade.
   
"L'engagement qui a été pris est de mener des actions tout en faisant en sorte que le festival ait lieu pour porter la parole de tous", ont-ils précisé lors d'un point presse vendredi après-midi. 80% des personnels avaient voté pour le maintien de cette 68e édition du plus emblématique festival de l'été mardi dernier.
   
"Le combat des intermittents doit rester dans un cadre légal"

Olivier Py, dont c'est la première année à la tête du festival, s'est déclaré respectueux du droit de grève, tout en rappelant que "le combat des intermittents doit rester dans un cadre légal".
   
Le Festival d'Avignon (4 au 27 juillet) et le "Off", immense marché du théâtre en marge du festival officiel, drainent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs français et étrangers.
   
Selon l'office du tourisme, la fréquentation n'a pas pâti des perturbations et les hôtels affichent complet.
   
Olivier Py a toutefois évoqué "un léger fléchissement" dans la vente des billets (130.000 places au total), ce qui permet aux spectateurs frustrés de la veille de se reporter sur d'autres représentations, s'ils ne souhaitent pas être remboursés.
   
"L'important, c'est que le public comprenne que nous allons jouer", martèle Greg Germain, qui dirige l'association organisatrice du "Off" et de ses 1.307 spectacles. L'an dernier, le "Off" avait réuni 1.083 compagnies et fait 1,3 million d'entrées.
   
Lors de la précédente crise des intermittents en 2003, l'annulation du Festival d'Avignon avait entraîné plus de 23 millions d'euros de pertes pour la ville et avait privé le "Off" d'une partie de son public.