Le Festival d'Avignon 2018 aborde le genre, les migrants et l'enfance : demandez le programme !

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/03/2018 à 16H58, publié le 29/03/2018 à 11H12
Olivier Py devant l'affiche du Festival d'Avignon le 29 mars 2018

Olivier Py devant l'affiche du Festival d'Avignon le 29 mars 2018

© BORIS HORVAT / AFP

"Une image du monde" : le Festival d'Avignon 2018 fera plus que jamais écho à l'actualité, avec des spectacles abordant le genre, la surinformation ou les migrants, selon la programmation annoncée jeudi par Olivier Py au théâtre de Chaillot. Au total 47 spectacles seront proposés dont 8 de danse et deux à destination des enfants.

Un Thyeste de Thomas Jolly et Don DeLillo par Julien Gosselin 

Le festival qui fête ses 72 ans du 6 au 24 juillet dans la cité des Papes mettra à l'honneur les jeunes metteurs en scène en français les plus connus de leur génération. Thomas Jolly et Julien Gosselin offriront trois des dizaines de créations de cette édition. C'est à Thomas Jolly que reviendra l'honneur de donner sa version de Thyeste de Sénèque dans la Cour d'honneur (la pièce de Thomas Jolly sera diffusée en direct sur France 2 et Culturebox le 10 juillet). Dans cette pièce, "la plus sanglante du théâtre" selon les mots d'Olivier Py, il sera question de l'enfance, de l'inquiétude pour l'enfance. Ceux de la Maîtrise de l'Opéra Comique et de la Maîtrise du Grand Avignon seront sur scène. 

Fidèle à son habitude, Gosselin présentera une création au long cours... de huit heures: "Mao II, Joueurs, Les noms", qui se base sur trois romans de l'écrivain américain Don DeLillo traitant la question du terrorisme dans les années 70.

Ivo van Hove, Oskaras Korsunovas, Sasha Waltz

Cette édition marquera aussi le retour de pointures internationales comme Ivo van Hove et Oskaras Korsunovas, a indiqué Olivier Py, directeur du festival depuis 2014. Le festival accueillera aussi la grande dame de la danse contemporaine Sasha Waltz, 15 ans après sa révélation à Avignon (les costumes seront d'Iris van Herpen). Le belge Ivo van Hove, qui avait fait sensation avec "Les Damnés", puissant portrait d'une famille à l'heure du triomphe des nazis en Allemagne, revient avec "Les choses qui passent", une pièce traitant également de la famille. Oskaras Korsunovas, figure du théâtre lituanien, présentera lui un classique français, le Tartuffe dans la langue de son pays.

Le "souci d'un très grand nombre d'artistes de s'emparer du thème du genre"

Cette année, après une édition 2017 sous le signe des femmes et de l'Afrique, M. Py a souligné le "souci d'un très grand nombre d'artistes de s'emparer du (thème) du genre", coïncidant avec une période dominée par le débat mondial sur le harcèlement sexuel.

Avec "Mesdames, Messieurs, et le reste du monde", le metteur en scène David Bobée s'attaquera à la question de la discrimination liée au genre et l'orientation sexuelle dans le cadre d'un "feuilleton théâtral", présenté gratuitement au public chaque jour à midi. Connu notamment pour son "Lucrèce Borgia" avec Béatrice Dalle, Bobée qui a collaboré avec le Russe Kirill Serebrennikov, va consacrer un épisode du feuilleton au metteur en scène assigné à résidence à Moscou depuis août 2017. M. Py a salué en Serebrennikov l'un "des plus grands artistes vivants" et dénoncé son "procès abracadabrantesque" pour détournement de fonds publics --une affaire considérée par ses défenseurs comme motivée politiquement.
Kirill Serebrennikov © Sophie Jouve/Culturebox
Sur le genre, une pièce de Didier Ruiz, "Trans (Més Enllà)" traitera de la transidentité à partir de témoignages, tandis que l'Iranien Gurshad Shaheman rappellera la question des réfugiés forcés à l'exil à cause de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

"Romances inciertos, un autre Orlando" de François Chaignaud et Nino Laisné, est aussi consacré à des personnages qui ont une transidentité dans la tradition espagnole, notamment la "Tarara", une femme déguisée en homme pour faire la guerre. Olivier Py s'est félicité du fait que le festival soit très proche de la parité, avec 45,5 % de femmes artistes toutes oeuvres confondues. 

Le monde arabe à l'honneur

Le monde arabe est également à l'honneur avec notamment "Mama", une pièce de l'Egyptien Ahmed el Attar sur la manière dont les femmes dans son pays reproduisent le système patriarcal à travers l'éducation de leurs fils. Le Libanais Ali Chahrour présentera "May He Rise And Smell The Fragrance", une chorégraphie sur le comportement des hommes dans le rituel funéraire chiite.

En musique, le groupe BNT el Masarwa interprètera des chansons qui donnent la parole aux Egyptiennes tandis qu'Abdullah Minlawy mélangera dans "Cri du Caire" le style soufi au rap. Et vers la fin du festival, un jeune metteur en scène, Etienne Gaudillère, présentera son "Pale Blue Dot", une histoire de Wikileaks avec les personnages de Julian Assange, Chelsea Manning et même Hillary Clinton. 

Olivier Py inaugure un nouveau lieu

Olivier Py inaugurera un nouveau lieu, La Scierie, avec trois tragédies d'Eschylle. L'"Antigone" qu'il a montée l'année dernière avec les détenus du centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet sera jouée quatre fois, également à La Scierie.  

Autres spectacles repérés (du coq à l'âne)

Le chorégraphe Emmanuel Gatt aura les honneurs du 2e spectacle dans la Cour, avec "Story Waters". 
Après "Tristesse", Anne-Cécile Vandalem traitera de l'écologie dans une comédie un peu délirante, "Arctique". 
Rocio Molina abordera la maternité et la féminité en mettant en scène sa propre grossesse "sans homme".
Isabelle Adjani et Lambert Wilson feront une lecture de l'échange épistolaire entre Maria Casarès et Albert Camus.
Chloé Dabert montera son "Iphigénie". 

L'affiche et les expositions de Claire Tabouret

Claire Tabouret, qui signe l'affiche de l'édition 2018, exposera à l'Eglise des Célestins ses peintures qui abordent le genre à travers l'exploratrice Isabelle Eberhardt. Elle exposera par ailleurs ses portraits d'enfants à la Collection Lambert
Affiche du Festival d'Avignon 2018

Affiche du Festival d'Avignon 2018

Festival d'Avignon
du 6 au 24 juillet 2018