De Scapin à Feydeau, dans les coulisses de la Comédie-Française

Mis à jour le 16/10/2017 à 14H08, publié le 16/10/2017 à 12H37
La Comédie-Française est située Place Colette en plein coeur de Paris

La Comédie-Française est située Place Colette en plein coeur de Paris

© PHOTO12 / GILLES TARGAT / AFP

La Comédie-Française ouvre une nouvelle saison avec la fameuse pièce "Les Fourberies de Scapin" de Molière mise en scène par Denis Podalydès. A l'affiche de la salle Richelieu, trois autres pièces sont également programmées. L'occasion pour France 2 de passer de l'autre côté du rideau rouge et de visiter les coulisses de l'institution, appelée "la ruche" en raison de son activité fourmillante.

Tout le monde se fait une idée de la Comédie-Française, même sans y être jamais allé. Sa "Troupe", emblème des scènes françaises, remonte au temps de Molière. Mais sait-on vraiment comment fonctionne ce théâtre mythique ? Une équipe de France 2 s'est glissée dans les coulisses.

Reportage : A. Guillemin / B. Poulain / J. Martin / S. Malin / S. Gravelaine   

https://videos.francetv.fr/video/NI_1099177@Culture

335 ans totalement dédiés au théâtre 

Depuis sa fondation en 1680, la Comédie-Française ne cesse de surprendre et de s’imposer comme une exceptionnelle, foisonnante "fabrique de spectacles". Dans "La maison de Molière", l'activité ne s'interrompt jamais complètement. Sans relâche de septembre à fin juillet, la Salle Richelieu propose une douzaine de spectacles, en alternance, issus des répertoires les plus variés. En ce moment à l'affiche, quatre pièces de styles et d’esthétiques différents : "L'hotel du libre-échange" de Feydeau mise en scène par Isabelle Nanty, "Les Damnés" d'après le texte de Visconti, "La Règle du jeu" adapté du film de Jean Renoir et "Les Fourberies de Scapin" mis en scène par Denis Podalydès. Benjamin Lavernhe campe un époustouflant Scapin. Pour tromper le trac, le jeune comédien a ses petits rituels personnels, sa plus grande peur est de perdre sa voix dès le premier acte.  
Gilles David (Argante) face à Benjamin Lavernhe (Scapin)

Gilles David (Argante) face à Benjamin Lavernhe (Scapin)

© Christophe Raynaud de Lage/Comédie-Française
De la salle Richelieu au théâtre du Vieux-Colombier en passant par le Studio-Théâtre, l'institution offre aux amateurs de théâtre huit cents représentations par an. En tout, ce sont 400 personnes - acteurs, machinistes, tapissiers, couturières - qui font bourdonner la ruche. Les costumes des fourberies de Scapin sont dessinés par Christian Lacroix. Le couturier est associé au travail des comédiens.

L'alternance : une règle de la maison 

Fondée en 1680 sur ordre de Louis XIV, désireux de réunir les troupes rivales de la capitale afin d’améliorer la qualité des représentations, la Comédie-Française a accueilli des centaines de comédiens, les sociétaires. Parmi eux, Gilles David qui joue deux pièces différentes "L'hotel du libre-échange" mis en scène par Isabelle Nanty et "Les Fourberies de Scapin". Entre les deux pièces, le comédien fait le vide et pense uniquement à prendre du plaisir et à en donner aux 862 spectateurs installés dans la grande salle.
Gilles David © France 2 / Culturebox

Jouer dans plusieurs pièces en même temps, c'est la particularité de la Comédie-Française. Un savoir-faire et une énergie qui font depuis plusieurs siècles la renommée de ce lieu mythique. Plusieurs comédiens sont distribués sur un même rôle et se relaient 

Ce sont des athlètes des sentiments

Isabelle Nanty
La programmation suit aussi un régime d'alternance. Cinq œuvres différentes jouées chaque semaine par une troupe de 56 comédiens entourés des maquilleuses, habilleuses, accessoiristes. Avec une seule idée en tête : que la magie soit au rendez-vous. Le Répertoire de la Comédie-Française compte à ce jour près de 3000 pièces.