Michel Bouquet toujours malade... imaginaire.

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/10/2009 à 09H52
Michel Bouquet toujours malade... imaginaire.

Michel Bouquet toujours malade... imaginaire.

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https://videos.francetv.fr/video/NI_96435@Culture

Dernière comédie de Molière rendue d'autant plus célèbre que c'est en jouant ce fameux hypocondriaque que l'auteur, réellement malade succomba après un malaise sur scène.
La pièce est une satire cruelle de la médecine du dix-septième, une époque où cette science brille tristement autant par son ignorance que par son caractère figé.
En effet, pour la plupart, les praticiens du Grand siècle n'acceptent aucune innovation et toute nouvelle découverte est rejetée au motif qu'elle est ignorée par les Anciens. La découverte de la circulation du sang en 1622 mettra ainsi plusieurs décennies à s'imposer comme une évidence.
Les remèdes sont très souvent préventifs (on se soigne avant d'être malade ! ) sont aussi systématiques que redondants avec une visée unique, expulser la maladie hors du corps, de gré ou de force, c'est ainsi qu'Argan, le héros de Molière se soumet avec un sinistre enthousiasme à la triade imposée de l'époque, saignée, purges et vomitifs, remèdes qui à l'époque de Louis XIV sauvaient parfois les patients ...ou hâtaient leur fin. (Le duc de la Force périt ainsi après de nombreuses saignées et l'autopsie conclut qu'il était mort de n'avoir plus une goutte de sang dans le corps...)
Et cette dangereuse ignorance du corps médical jointe à un corporatisme forcené, se dissimule derrière un langage obscur et pédant supposé cacher au patient l'impuissance des praticiens devant une physiologie humaine dont ils ignorent presque tout mais qui peut rapporter beaucoup...
Dans son "Malade imaginaire", Molière a à peine grossit le trait et c'est pourquoi, près de 350 ans après, les angoisses et l'hypocondrie d'Argan gardent toute leur saveur et nous questionnent sur notre propre rapport à la santé...
Michel Bouquet, désormais octogénaire, est forcément à l'aise dans un rôle qu'il a joué près de 400 fois depuis la fin des années 80...

Entretien avec Michel Bouquet sur France 3 Nord Pas-De-Calais