Macha Makeieff met en scène le récit d’un ethnologue chez les guerriers Massaï

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/03/2017 à 14H09, publié le 05/03/2017 à 13H33
L'ethnologue Philippe Geslin, seul en scène avec ses carnets de voyage et ses photos.

L'ethnologue Philippe Geslin, seul en scène avec ses carnets de voyage et ses photos.

© France 3 Culturebox

Un ethnologue qui monte sur scène et raconte lui-même ses voyages sur les terres des Massaï. L’idée est originale. Elle est signée Macha Makeieff. La metteure en scène a imaginé "Les guerriers Massaï" à partir des carnets de terrain de l’ethnologue Philippe Geslin. A découvrir les 7 et 8 mars au du théâtre "La Criée" à Marseille puis le 12 mars au Musée du Quai Branly à Paris.

A mi-chemin entre théâtre et documentaire, "Les guerriers Massaï" est une sorte de conférence théâtrale qui plonge le spectateur au cœur des voyages de l’ethnologue Philippe Geslin. L'homme a une âme de bourlingueur et un peu d’artiste. "Je pose régulièrement mon bagage dans les coulisses de la création, dans les "arrière-boutiques" d’artistes reconnu(e)s" explique t-il. "J’y retrouve plus encore cette combinaison subtile qui fait de l’ethnologue un glaneur d’émotions, celles d’autrui façonnées par les siennes propres".
 
La rencontre avec Macha Makeieff, metteur en scène - et depuis 2011, directrice du théâtre La Criée à Marseille - a été déterminante : "J’avais envie de sortir de la sphère scientifique, d’explorer d’autres modes de restitution scientifique pour le grand public, et je voulais que ça passe par le théâtre. La rencontre avec Macha a rendu cela possible".

Reportage : France 3 Provence-Alpes - J. Bertrand / V. Bour / I. Lemaitre

https://videos.francetv.fr/video/NI_936185@Culture

"Les Ames offensées"

"Les guerriers Massaï" est en fait la troisième et dernière partie d’un tryptique imaginé par Macha Makeieff et Philippe Geslin, baptisé "Les Ames Offensées". Un beau titre qui désigne en fait ces peuples du bout du monde qui tentent de survivre malgré les décisions d’une société occidentale qui veut tout cadrer et contrôler au mépris des croyances et du mode de vie de ces communautés ancestrales.
 

Inuits, Soussou, Massaï

Inspirés des carnets de notes et des photos ramenés par Philippe Geslin, les trois volets retracent sa découverte de trois peuples. "Peau d’ours sur ciel d’avril" nous emmène chez les derniers chasseurs Inuit du Groenland. Vient ensuite "Le Crayon de Dieu n’a pas de gomme" qui se passe en Guinée où l’ethnologue a passé des mois chez les Soussou, dans les forêts de mangrove pour étudier l’impact de la production de sel sur la déforestation. 
 
Dernier volet "Les guerriers Massaï – Avant le départ des gazelles" évoque son séjour en Tanzanie entre le le Rift et le Kilimandjaro au cœur de ce peuple de chasseurs, d’éleveurs nomades dont les longues silhouettes rouges sont presque devenues une image de carte postale qui cache la réalité d’une communauté forcée à la sédentarité.
 
Ces 3 volets seront présentés en intégralité les 11 et 12 mars au Musée du Quai Branly à Paris : "Peau d’ours sur ciel d’avril" le 11 avril à 17h, "Le Crayon de Dieu n’a pas de gomme" le même jour à 19h et "Les guerriers Massaï" le 12 mars à 17h.
Photo Philippe Geslin © Philippe Geslin
Les photos de Philippe Geslin sont exposées jusqu’au 11 mars au théâtre La Criée à Marseille.

Philippe Geslin, ethnologue

Philippe Geslin a fait ses études universitaires à la Sorbonne et à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris. Il est l'auteur d'une thèse de doctorat en anthropologie sociale et ethnologie réalisée sous la direction de l'anthropologue Maurice Godelier.

Depuis 1990, au sein des sciences humaines et sociales, il contribue au développement de l'anthropotechnologie à travers de nombreux terrains de recherches et d'intervention en Afrique, Asie, Amérique latine et Groenland.

Il a fondé le premier laboratoire de recherches en anthropotechnologie "EDANA" aujourd'hui "Groupe de Compétences C2U" au sein de la Haute Ecole Arc Ingénierie. Il est co-fondateur du Fab-Lab de Neuchâtel.