Les nombreuses vies d'Armand Gatti

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/08/2010 à 10H53
Les nombreuses vies d'Armand Gatti

Les nombreuses vies d'Armand Gatti

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La nouvelle création d'Armand Gatti intitulée "Science et Résistance battant des ailes pour donner aux femmes en noir de Tarnac un destin d'oiseau des altitudes" est  présentée les 23, 24 et 25 août 2010, au gymnase du lycée agricole "Henri Queuille" de Neuvic en Corrèze. Cette expérience théâtrale constitue l'aboutissement d'un stage qui a accueilli une trentaine d'élèves durant l'été à Neuvic autour du célèbre dramaturge et de son équipe.  

https://videos.francetv.fr/video/NI_120225@Culture

Corrèze : terre de résistance, une évidence pour Armand Gatti qui a rejoint en 1942 dans la forêt de  Berbeyrolle, au dessus de Meymac et non loin de Tarnac, l'un des premiers maquis de la résistance. Trois hommes fuyant le STO et le poète égaré avec sa valise de livres en constitue le premier noyau. Le Toubib, de son nom de réseau, sera arrêté un an plus tard, condamné à mort, mais gracié en raison de son jeune âge, et finalement déporté vers un camp de travail forcé à Hambourg. En 1943, il s'évade et rejoint Londres. Après la guerre, le poète se transforme en journaliste par nécessité économique mais aussi par goût de l'aventure. Tantôt témoin direct des révolutions, tantôt acteur de la guérilla, il additionne les vies, les expériences, les rencontres et les voyages : Fidel Castro, Ernesto Guevara, Mao...Chine, Corée, Sibérie, Patagonie, Guatemala. En 1954, son travail de journaliste-reporter est couronné par le prix Albert Londres. Cinq années plus tard, il abandonne ce métier pour se consacrer entièrement au théâtre. Son oeuvre aux accents révolutionnaires fait appel à tous ces personnages et ces destins rencontrés au cours de ses vies multiples, depuis son enfance sur la Côte d'azur, jusqu'à aujourd'hui en passant par la forêt de Beyrberolle. Comme le dit Armand Gatti "Mes personnages, ce sont mes morts". Dans cette création qui mêle des références au massacre de quatre israélites par les allemands en 1944 à Tarnac et des passages du discours de Malraux lors du transfert de Jean Moulin au Panthéon, le dramaturge fait un clin d'oeil aux derniers insurgés de Tarnac et en particulier à Julien Coupat, qu'il a tenu à accueillir à sa sortie de prison. A 86 ans, ce fils d'anarchiste continue de n'en faire qu'à sa tête

 
   
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