Disparition de Robert Hirsch : le monde de la culture lui rend hommage

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/11/2017 à 09H11, publié le 17/11/2017 à 09H08
L'acteur Robert Hirsch, en 2015

L'acteur Robert Hirsch, en 2015

© PHOTOPQR/LE PARISIEN

L'annonce de la disparition d'un des derniers monstres sacrés du théâtre français a suscité une vague d'émotions et d'hommages. "Robert, c'était mon idole" a confié Alain Delon. Robert Hirsch avait fait réaliser sa tombe pour être enterré dans le cimetière de Bouère (Mayenne), caractéristique avec son dessin de jardin à la française.

Robert Hirsch était hospitalisé depuis 48 heures après une chute à son domicile et son coeur "fragile, a probablement lâché", a indiqué Jeoffrey Bourdenet, comédien et metteur en scène, qui était à ses côtés.

"Robert, c'était mon idole" a confié Alain Delon au Figaro. "Je l'admirais comme homme et comme comédien. Sa formation au conservatoire a fait de Robert le meilleur d'entre nous. J'ai une admiration sans borne pour lui. Il avait compris que pour ne pas mourir, il faut jouer tout le temps. Et il n'a pas quitté la scène durant 75 ans".

Pour l'acteur Francis Huster, "Robert Hirsch était le Charlie Chaplin français". "Comme Chaplin, il était un danseur et un acteur de génie, c'était une flamme, il incendiait la scène et brûlait les planches, explique-t-il au Figaro.

Jean-Marie Besset, qui avait monté en 1998 la pièce "Le Bel Air de Londres" pour laquelle Robert Hirsch reçut un Molière, évoque sa "fantaisie". "Il paraissait défier les lois de l'apesanteur. Il avait l'air d'être en caoutchouc. Il était virevoltant, étourdissant". Il rappelle aussi au Figaro l'anecdote de ce soir de 1998 où Michel Bouquet, venant voir dans sa loge son ami Robert Hirsch, lui adresse : "C'est toi le plus grand!" Et Robert Hirsch de répliquer : "Non, c'est toi!"

Pour Ladislas Chollat, qui l'a mis en scène dans son dernier grand succès "Le Père", "c'est un monstre sacré mais sans en avoir l'ego, il était encore tellement heureux d'être là."

Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée rappelle que "son immense talent et son intelligence de jeu ont séduit de prestigieux réalisateurs comme Jean Delannoy ("Notre-Dame de Paris"), Yves Robert ("Monnaie de singe"), Bertrand Blier ("Mon homme") ou encore Denis Amar ("Hiver 54, l'abbé Pierre").

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, se souvient avoir "toujours vécu avec son talent sensible et exorbitant, au théâtre beaucoup, à la télévision (pour des rires et de beaux rôles) et au cinéma aussi. Il savait qu'il ne jouerait plus et il enrageait".

Gilles Jacob, ancien président du Festival, évoque "un des Comédiens français dont le tempo, la justesse du jeu, le sens du croquis, de la caricature humaine étaient extraordinaires."