Le parquet allemand refuse d'interdire un "Mein Kampf" au théâtre avec distribution de croix gammées aux spectateurs

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 18/04/2018 à 17H52, publié le 18/04/2018 à 17H48
"Mein Kampf", de George Tabori, mise en scène par Serdar Somuncu

"Mein Kampf", de George Tabori, mise en scène par Serdar Somuncu

© Capture écran Youtube

Le parquet de Constance en Allemagne a refusé mercredi au nom de la liberté artistique d'interdire une représentation théâtrale satirique de "Mein Kampf" au cours de laquelle une distribution de croix gammées et d'étoiles jaunes est prévue.

Selon l'agence allemande dpa, le parquet a rejeté plusieurs plaintes déposées contre un théâtre de Constance qui proposait une entrée gratuite aux spectateurs acceptant de porter des brassards frappés d'une croix gammée lors de la première de la pièce vendredi 20 avril, date de naissance d'Hitler. Les symboles nazis sont prohibés en Allemagne, mais l'objectif du théâtre est de "montrer à quel point l’homme est facile à corrompre". 

Le théâtre propose également sur son site internet à ceux qui achèteraient leur billet "de porter une étoile de David dans l'enceinte du théâtre en signe de solidarité avec les victimes de la barbarie nationale-socialiste (nazie)".  
La pièce "Mein Kampf", une farce noire et grinçante du Hongrois George Tabori (1914-2007) datant de 1987, fait référence au pamphlet programmatique rédigé par Adolf Hitler lorsqu'il était en prison avant de prendre le pouvoir, en 1924-25.

Le gouvernement allemand inquiet de la montée de l'antisémitisme

La Société germano-israélienne dans la région du Lac de Constance et la Société pour la coopération judéo-chrétienne ont appelé au boycott de la pièce. Cette polémique intervient alors que les autorités allemandes s'inquiètent de la montée de l'antisémitisme.
Affiche du spectacle Mein Kampf

Affiche du spectacle Mein Kampf

© Felix Kästle / dpa / AFP
Mercredi, le gouvernement a d'ailleurs dénoncé une agression présumée contre deux Juifs filmée par une des victimes à Berlin. Deux jeunes juifs portant une kippa, un couvre-chef religieux, ont été agressés mardi soir dans un quartier huppé de Berlin par trois jeunes, dont l'un au moins parlait arabe.

La lutte contre l'antisémitisme a une importance particulière pour le gouvernement allemand toujours hanté par le passé nazi.