Christophe Barbier : "Ce qui se joue en scène dépasse de loin la vie du comédien"

Jean-Michel Ogier
Par @jmo1512
Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Publié le 02/01/2018 à 13H22
Christophe Barbier

Christophe Barbier

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Christophe Barbier est un touche-à-tout. Journaliste, auteur, metteur en scène il est aussi acteur. Actuellement à l'affiche du Théâtre de Poche Montparnasse à Paris avec sa pièce "Le Tour du théâtre en 80 minutes", l'ancien directeur de la rédaction de l'Express, invité du Soir 3, évoque sa passion pour le théâtre "son volcan intérieur".

Ma passion, mon volcan intérieur c'est le théâtre. Avant d'entrer en scène vous vendriez père et mère pour ne pas y aller. En sortant de scène vous vendriez père et mère pour y retourner


Christophe Barbier a signé plus de 60 mises-en scène. Avec "Le tour du Théâtre en 80 minutes", il a voulu se mettre dans la tête du comédien de l'instant où il se maquille dans sa loge jusqu'à son entrée en scène, des grandes tirades au trou de mémoire tant redouté. C'est d'ailleurs par une tirade sur ce sujet que commence son interview dans le Soir 3. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1154171@Culture


Quand il parle des émotions, des angoisses de l'acteur au moment de jouer, Christophe Barbier sait de quoi il parle : "J'ai eu la chance de faire beaucoup de théâtre, amateur ou professionnel et donc de vivre en direct ces aventures ou mésaventures sur scène".

Et puis, il a eu la chance, comme il le dit lui-même, d'écrire "Le dictionnaire amoureux du théâtre", chez Plon. Cela lui a permis de se plonger dans l'histoire du théâtre depuis des siècles et des siècles. "Le rituel de désincarnation pour incarner un autre personnage c'est le même depuis les Grecs, depuis 2500 ans" 

J'ai voulu raconter sur scène la traversée de cet océan qu'est une représentation théâtrale du maquillage jusqu'au rappel


Christophe Barbier en est sûr : "Il ne faut pas réfléchir trop avant de monter sur scène sinon on le fait jamais. Il y a un côté casse-cou, trompe-la mort et chez les grands professionnels le vertige de disparaître soi-même totalement pour se laisser envahir totalement par ses personnages. C'est une métamorphose presque monstrueuse, effrayante mais qui donne en scène des résultats magiques".

La force révolutionnaire du "Mariage de Figaro"

A partir de son expérience, Christophe Barbier estime qu'entrer en scène ce n'est pas qu'une question de vie ou de mort c'est beaucoup plus important : "Ce qui se joue en scène dépasse de loin la vie du comédien" explique-t-il. Il m'est arrivé de jouer 'Le Mariage de Figaro'. Quand vous jouez ce rôle là vous ne pouvez pas ne pas penser à la création de cette pièce le 27 avril 1784, parce que quelques année après ça a provoqué la Révolution française. Quand Figaro dit en scène 'Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus', on a toute la force révolutionnaire dans cette réplique, toute la politique qui est dans le théâtre".