Charles Berling et Barbara Schulz dans Le donneur de bain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/05/2010 à 10H46
Charles Berling et Barbara Schulz dans Le donneur de bain

Charles Berling et Barbara Schulz dans Le donneur de bain

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"Le Donneur de bain" la pièce de Dorine Hollier avec Charles Berling , Barbara Schulz et Bruno Wolkowitch est à l'affiche du théâtre Marigny à Paris jusqu'au 12 juin 2010. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_112761@Culture

Propreté des corps et Hygiène des âmes font-elles bon ménage ?
D'où vient l'obsession de notre société pour la pureté ? Le spectateur se retrouve plongé dans un bain bouillonnant d'interrogations avec cette première pièce de Dorine Hollier dont la mise en scène est signée du britannique Dan Jemmett. Au 19ème siècle, avant que les salles de bains et l'eau courante ne fassent leur apparition dans les appartements, les donneurs de bain arpentaient les quartiers bourgeois munis de leur baignoire escamotable, de leurs draps et
de leurs onguents, pour laver, masser mais aussi soulager leurs clients. Une époque qui est aussi celle du développement de la doctrine hygiéniste qui va révolutionner nos sociétés dans des domaines aussi divers que la médecine, l'éducation, l'architecture ou l'urbanisme. C'est également à partir de cette période, que certains pays du nord de l'Europe, la France et l'Allemagne en particulier, vont s'intéresser à la culture du corps couplée à celle d'une meilleure hygiène mentale. Le géographe et anarchiste Elisée Reclus va ainsi théoriser
le Naturisme, ou Gymnophysie,  dans lequel il voyait un bon moyen de développer la sociabilisation entre individus. Ce sont les communautés anarchistes issues du socialisme utopique qui vont participer à son développement dans un premier temps. Mais alors que le mouvement a essaimé dans toute l'Europe du nord, l'arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne va
bouleverser l'essence même du mouvement naturiste au point de le dénaturer totalement. D'abord très réticents face à la nudité, les nazis interdisent dans un premier temps ces mouvements qu'ils considèrent comme un danger pour la culture et la morale allemande. En 1933, les publications sont détruites, les naturistes forcés à la clandestinité ou déportés. C'est un officier allemand, Hans Suren, qui va finalement faire prendre conscience aux théoriciens nazis des passerelles possibles entre naturisme et apologie de la race. Le régime d'Adolf Hitler va alors utiliser pleinement cette culture qui lie hygiène du corps et de l'âme, jusqu'à rendre abjecte pour longtemps tous discours sur la pureté.       
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