Céline revisité, Jean-François Balmer voyage au bout de la nuit

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/05/2014 à 12H48
Jean-François Balmer est Bardamu

Jean-François Balmer est Bardamu

© DELALANDE RAYMOND/SIPA/1212101136

Le comédien Jean-François Balmer referme ce 31 mai à Tomblaine une tournée du spectacle "Voyage au bout de la nuit" adapté du roman de Louis-Ferdinand Céline par Nicolas Massadau. Ce spectacle avait été accueilli très favorablement par la critique en 2012 lors des représentations parisiennes. Le comédien a su rendre la vérité de ce roman clé du XXe siècle. Françoise Petit signe la mise en scène.

Tout le monde ne peut être Bardamu, le héros de Louis-Ferdinand Céline brisé par la guerre. On le rencontre sur les champs de bataille de 14-18, on le suit au coeur de l'Afrique noire, traversant l'Atlantique presque mourant sur le bateau qui débarque à New York puis posant son désespoir dans les banlieues parisiennes.

Depuis 1986, le comédien Fabrice Luchini en présente avec un succès mérité des lectures en scène. Le spectacle dont Jean-François Balmer est aujourd'hui l'interprète est une adaptation signée Nicolas Massadau du livre de Céline dans une mise en scène de Françoise Petit. Il se divise en trois parties, La guerre, l'Afrique et la banlieue. Jean-François Balmer, décidément l'un des très grands interprètes actuels, restitue bien la dimension désespérée de l'anti-héros de Céline. Une autre vision, une autre lecture que celle de Luchini.

Reportage : T. Will, G. Spica, L. Chraïbi

https://videos.francetv.fr/video/NI_148175@Culture

Malgré trois nominations aux Molière et une aux César, Jean-François Balmer n'a pas encore décroché l'une ou l'autre de ces récompenses. C'est dommage et c'est une injustice car ce comédien au physique digne de la dynastie des Bourbons (Il fut d'ailleurs un excellent Louis XVI en 1989 dans "La révolution française" de Robert Enrico) est aujourd'hui une des personnalités les plus marquantes de l'art dramatique. Longtemps abonné à des seconds rôles de caractère au cinéma et à la télévision, la maturité lui a permis d'aborder avec bonheur les premiers rôles qu'il endossait déjà depuis longtemps au théâtre. Son phrasé, tout en retenue, est très reconnaissable avec une voix un peu nasale et une économie d'effet très personnelle. On se souvient de lui à la télévision en 2011 dans "Mort d'un président" de Pierre Aknine. Il y interprétait avec beaucoup de force le rôle principal de Georges Pompidou. Au théâtre cette fois, il fut un autre président, François Mitterrand, dans "Débats 1974-1981" mis en scène par Jean-Marie Duprez en 2007. 
L'affiche de la pièce lors de sa création au théâtre de l'Oeuvre

L'affiche de la pièce lors de sa création au théâtre de l'Oeuvre

© DR