"Un si grand soleil", le pari quotidien de France 2 produit à Montpellier

Mis à jour le 22/08/2018 à 16H09, publié le 22/08/2018 à 16H03
Tournage d'un épisode d'"Un si grand soleil" (pour France 2).

Tournage d'un épisode d'"Un si grand soleil" (pour France 2).

© Fabien Malot/France Télévisions

C'est l'une des grandes nouveautés de la rentrée télé : France 2 lance lundi à 20H40 "Un si grand soleil", son feuilleton quotidien en projet depuis deux ans et tourné dans la région de Montpellier.

Claire, incarnée par Mélanie Maudran (qui avait joué dans les sagas estivales "Terre de lumière" et "Les secrets du volcan"), revient à Montpellier après 17 ans, pour faire découvrir la ville de sa jeunesse à son fils Théo. Et se retrouve accusée du meurtre d'un ancien ami... Une affaire qui va faire ressurgir des secrets de famille et la confronter à son passé.

Polar romanesque

C'est le point de départ d'"Un si grand soleil", un feuilleton de 235 épisodes pour sa première saison, diffusés du lundi au vendredi. Le producteur Toma de Matteis (ancien producteur artistique de "Plus belle la vie") voulait mêler des intrigues policières et des éléments romanesques, là où "Plus belle la vie" se distingue par son réalisme, avec la vie au quotidien d'un quartier fictif de Marseille, le Mistral, et ses nombreuses références à l'actualité.

Si la série de TF1 "Demain nous appartient" (DNA), tournée à Sète, mise aussi sur les intrigues policières, "Un si grand soleil" espère s'en démarquer par un casting moins axé sur des vedettes, et qui se veut le reflet de toute la diversité française, avec une quarantaine d'acteurs de tous âges et de tous horizons. Gary Guénaire, qui joue Théo, est venu du théâtre et n'a même pas la télé chez lui. "C'est un projet totalement nouveau, qui m'a séduit car on a la chance de lancer une nouvelle série, et pas n'importe laquelle. Une série qui se veut moderne et surtout très différente des autres", dit-il à l'AFP.

Pari sur l'audience

Treize ans après la création de "Plus belle la vie" sur France 3 et un an après l'arrivée de DNA sur TF1, "Un si grand soleil" est le troisième feuilleton quotidien lancé en France ces dernières années. France 2 a opté pour une diffusion après le 20H, à 20H40, qui évite une concurrence frontale avec "Demain nous appartient", programmé à 19H20. Et pour éviter une guerre fratricide des feuilletons du service public, et ne pas faire de l'ombre à "Un si grand soleil", France 3 a avancé de 10 minutes "Plus belle la vie", à 20H20.
"C'est un pari sur le long terme", résume Sophie Gigon, directrice de la fiction hors prime-time à France 2. "Plus belle la vie fait le double de la part de marché (habituelle) de France 3. Si on y arrivait d'ici quelques années, ce serait formidable", dit-elle à l'AFP. Mais "pour le moment, nous n'avons pas vraiment d'objectif d'audience, notre ambition c'est de bien installer le feuilleton et que le public ait envie de suivre les aventures de ses personnages".

Une organisation quasi-industrielle

France Télévisions produit "Un si grand soleil" en interne. Elle a créé des studios flambants neufs à Vendargues, près de Montpellier, et non loin de Sète où est filmé "Demain nous appartient" : 16.000 m2 implantés dans un ancien entrepôt logistique. Pour produire les 235 épisodes d'une vingtaine de minutes, une organisation digne d'une usine en 3x8 a été mise en place : trois équipes filment depuis quelques mois en parallèle, l'une en studios et les deux autres en extérieur, dans l'agglomération de Montpellier et sur des sites emblématiques comme la Grande Motte, Palavas-les-Flots ou la Camargue.

"On tourne autour de 200 à 250 personnes en permanence, tous corps de métiers confondus, y compris les comédiens et figurants, les techniciens, toute l'équipe de production, et la vingtaine d'auteurs", résume le producteur Toma de Matteis. Les scénarios sont coordonnés par Olivier Szulzynger, autre ancien de "Plus belle la vie". Un projet qui se fait avec des moyens conséquents mais pas illimités, vu les contraintes budgétaires de France Télévisions. "On est à peu près à 35 millions d'euros par saison, dont un apport de la chaîne de 26 millions d'euros", précise le producteur. La série est soutenue financièrement par la région Occitanie, la ville et la métropole de Montpellier, qui cherchent à développer l'audiovisuel dans leurs territoires.