"The Crossing", une série américaine qui mêle crise des migrants et science-fiction

Publié le 18/01/2018 à 12H13
Les acteurs Steve Zahn et Natalie Martinez, au casting de "The Crossing", lors d'une conférence de presse de présentation de la nouvelle série d'ABC à Pasadena (Californie), le 8 janvier 2018

Les acteurs Steve Zahn et Natalie Martinez, au casting de "The Crossing", lors d'une conférence de presse de présentation de la nouvelle série d'ABC à Pasadena (Californie), le 8 janvier 2018

© Frederic M. Brown / Getty Images North America / AFP

Des images de corps flottant près du rivage méditerranéen se sont multipliées ces dernières années sur les écrans de télévision du monde entier. Les créateurs de "The Crossing", Dan Dworkin et Jay Beattie, s'en sont inspirés pour une série futuriste, qui mêle drame des migrants et science-fiction.

Dans "The Crossing", les réfugiés ne fuient pas un pays ou un continent mais une guerre qui sévit plusieurs siècles dans le futur. C'est le concept de cette série de la chaîne américaine ABC, dont la première saison doit être diffusée à partir du 2 avril aux Etats-Unis. Elle a été écrite et produite par le duo Dan Dworkin et Jay Beattie ("Esprits criminels", "Intrigue").
 
De mystérieux migrants apparaissent un jour, à l'époque actuelle, dans un village de pêcheurs de l'Etat de Washington (nord-ouest des Etats-Unis) où il demandent l'asile.
 
Les 47 survivants, sur les 500 ayant embarqué pour ce voyage, affirment avoir fui une guerre terrible faisant rage 250 ans plus tard. Mais les circonstances de leur arrivée menace de déclencher une guerre en 2018.
 
L'acteur Steve Zahn ("Dallas Buyers Club", "La planète des singes - Suprématie") incarne Jude Miller, le shérif local au passé obscur, en équipe avec un agent fédéral et une réfugiée qui cherche sa fille.

Steve Zahn "époustouflé" par le scénario

"Depuis un an, je passais ma vie en caleçon à lire des scénarios. Quand j'ai lu celui-là, j'ai été époustouflé", a raconté l'acteur de 50 ans, aperçu récemment dans la série "Mad Dogs" d'Amazon.
 
La vue de la photographie de l'Irakien Laith Majid débarquant sur l'île grecque de Kos avec sa famille en 2015, récompensée d'un prix Pulitzer, est à l'origine de "The Crossing".
 
Cette image est devenue un symbole du calvaire vécu par les réfugiés traversant la Méditerranée. Plus de 117.000 personnes l'ont franchie en 2017 et 3.000 y ont perdu la vie en tentant de rallier l'Europe.
 
"J'ai vu ce type serrant ses enfants après leur traversée et j'ai pensé : 'Allons-y, Jay, parlons des réfugiés, faisons quelque chose'", a expliqué Dan Dworkin.

La série durera-t-elle ?

"Nous avions le germe d'une idée. Et ensuite nous l'avons associée à (notre) amour pour la science-fiction et pour des écrivains comme Richard Matheson, Harlan Ellison et Ray Bradbury. Ces gars ont tous écrit de la science-fiction très intéressante et plus précisément sur le voyage dans le temps."
 
S'ils ont puisé leur inspiration dans la réalité, les créateurs assurent que la série n'est pas une analyse de la façon dont l'Occident gère la crise des migrants. Leur intention n'était pas de livrer une "critique directe de ce qu'il se passe" aujourd'hui, a indiqué Jay Beattie. "La science-fiction nous donne de la distance pour raconter notre histoire", a-t-il confié.
 
La première saison compte dix épisodes, en plus du pilote.
 
Des critiques ont émis des inquiétudes sur la longévité que pourrait avoir "The Crossing" : en effet, ABC a tendance à mettre un terme assez rapidement à ce genre de séries, comme "Resurrection" (2014), annulée après deux saisons, et "ADN, menace immédiate" (1998), après une seule.
 
Pour Dan Dworkin, les téléspectateurs auront plein de raisons de vouloir une deuxième saison quand ils auront vu la fin de la première.