Séries Mania prend la direction de Lille "au coeur de l'Europe"

Mis à jour le 25/04/2018 à 10H08, publié le 25/04/2018 à 10H06
Affiche Series Mania

Affiche Series Mania

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Le festival Séries Mania met le cap vendredi sur Lille, après huit éditions à Paris. Cette première saison ambitionne d'être une "fête populaire" mais aussi un rendez-vous professionnel international.

Moins d'un mois après le lancement de Canneseries sur la Croisette, Séries Mania prend ses nouveaux quartiers "au coeur de l'Europe", selon ses organisateurs. "Il y a la place pour plusieurs festivals alors que les séries sont en train de devenir un art populaire majeur", a déclaré Rodolphe Belmer, président de Séries Mania, qui en 2017 a attiré 53.000 spectateurs à Paris.

La cérémonie d'ouverture se déroulera vendredi soir avec la projection de "Succession", en première mondiale, en présence de son créateur Jesse Armstrong ("Black Mirror") et des comédiens Hiam Abbass ("The State") et Brian Cox ("Penny Dreadful"). "On a deux cents invités et 1.300 professionnels accrédités", a précisé la directrice générale de la manifestation, Laurence Herszberg. "D'expérience, je sais que le public international se gagnera année après année", ajoute-t-elle. 
Festival SERIES MANIA, le teaser

Dès vendredi, la ministre de la Culture Françoise Nyssen inaugurera le "village du Festival" installé au Tri Postal où l'on trouvera des expositions, des animations et la webradio du festival. Françoise Nyssen sera présente à Séries Mania "pour soutenir la création", a-t-elle déclaré lundi à l'AFP, alors qu'elle était invitée sur le tournage de la saison trois de "Dix pour cent", série à succès de France 2. 

Frédérique Bredin, la présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée, fera également le voyage à Lille. Elle rappelait mardi que son organisme, l'un des principaux partenaires du festival avec les Hauts-de-France, "s'était engagé très fortement" à hauteur d'un million d'euros sur un budget de cinq millions. Le festival "va permettre de favoriser l'émergence de nouveaux projets, les coproductions, et au final contribuer à l'essor du marché européen de la série", a-t-elle souhaité.

Huit séries françaises en compétition

Jusqu'au 5 mai, le public et les professionnels pourront assister en première mondiale à la projection de deux épisodes de chaque série de la compétition internationale en présence de leurs équipes. Dans la sélection officielle, la française "Ad Vitam" (Arte), l'américaine "American Woman" (Paramount Network), la russe "An Ordinary woman" (TV3 channel),  l'italienne "Il Miracolo" (Sky/Arte), l'australienne "Mystery Road" (ABC), les israéliennes  "Autonomies" (Hot) et "On the Spectrum" (Yes), la britannique "The Split" (BBC 1) et les danoises "The Rain" (Netflix) et "Warrior" (TV2).

Le jury présidé par Chris Brancato, cocréateur de "Narcos" est composé de la créatrice et productrice israélienne Maria Feldman ("False Flag"), du comédien français Clovis Cornillac ("Chefs") et du romancier Pierre Lemaitre (Prix Goncourt 2013 pour "Au revoir là-haut"). Il décernera le Grand Prix, le Prix spécial du Jury, le prix d'interprétation féminine et le Prix d'interprétation masculine avant la projection de la première internationale de "Babylon Berlin". Un jury de la presse internationale composé de journalistes décernera trois prix que disputeront les huit séries de la compétition française. 

Le défi des plateformes US

Des producteurs et des créateurs viendront "pitcher" 16 projets du 2 au 4 mai devant un panel de professionnels et un jury, présidé par Christophe Riandee, vice-président de Gaumont, avec à la clef un prix de 50.000 euros. Le 3 mai, Rodolphe Belmer, également patron d'Eutelsat et membre du conseil d'administration de Netflix, lancera une journée de discussions sur l'avenir de l'audiovisuel mondial, baptisées les "Lille Transatlantic dialogues", en présence d'Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne, de Françoise Nyssen, de Reed Hastings, Pdg de Netflix, et de Sophie Turner Laing, Pdg d'Endemol Shine Group.

"Le rapport de toutes les chaînes européennes à la production de plateformes globales comme Netflix, Amazon, Apple est une des grandes interrogations", souligne Laurence Heszberg, pour qui Rodolphe Belmer "est l'Européen qui fait le pont entre les deux mondes".