"Philharmonia", une série sur France 2 pour "démocratiser la musique classique"

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 24/01/2019 à 00H35, publié le 19/12/2018 à 10H58
"Philharmonia", France 2

"Philharmonia", France 2

© Jean-Claude Lother / Merlin Productions / FTV

La série "Philharmonia", démarre ce 23 janvier sur France 2. L'intrigue qui se situe au sein d'un orchestre philharmonique, a été conçue avec l'envie de "démocratiser la musique classique", selon sa créatrice Marine Gacem.

Sa productrice Rose Brandford Griffith (Merlin Prod.) a eu l'idée de départ. "Je lui ai proposé cette histoire de femme chef d'orchestre parce qu'il y en a peu et que je me suis toujours demandé pourquoi", raconte la scénariste de la série en six épisodes, coécrite avec Clara Bourreau. "J'entendais dire tout le temps +la musique classique, c'est élitiste+", poursuit cette mélomane passionnée, "je ne considère pas du tout la musique classique de cette façon, je ne hiérarchise pas la musique".

"La musique est totalement maillée avec la narration"

"Philharmonia", réalisée par le Québecois Louis Choquette ("Mafiosa"), raconte l'ascension d'une brillante chef d'orchestre, incarnée par Marie-Sophie Ferdane, nommée contre l'avis de la direction et des musiciens de la Philharmonie. - Un coach musicien par comédien - Aucune série TV n'avait placé son intrigue au coeur d'un orchestre philharmonique à l'exception de la comédie "Mozart in the Jungle" (Amazon). La série américaine "est très peu réaliste en termes de musique et on en entend finalemment très peu", argue-t-elle, "alors que pour 'Philharmonia', la musique est totalement maillée avec la narration".

Les comédiens qui interprètent des musiciens comme Lina El Arabi, Tomer Sisley ou encore Tom Novembre ont tous eu un coach pour les guider à exécuter les bons gestes. "Il n'y a aucune doublure ni effets spéciaux", souligne la créatrice. Le rôle de consultant en chef a été endossé par Christophe Dilys, "un jeune chef passionnant présent sur les tournages", précise-t-elle.

Trois mois d'immersion à Radio France avec l'orchestre national

Les scènes de concerts et de répétitions ont été tournées dans l'auditorium Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris avec l'Orchestre national d'Ile-de-France (Ondif). Le réalisme est "un parti pris très important" de la série, dit-elle et en veut pour preuve que "si à l'oreille vous entendez quatorze violons, à l'image vous voyez quatorze violons". "Comme pour la Moldau de Smetana, ils étaient 85 sur scène", fait-elle valoir.

Pendant les deux ans requis pour le développement de la série, Marine Gacem a rencontré de nombreux musiciens et chefs d'orchestre. "J'ai pu faire trois mois d'immersion à Radio France avec l'orchestre national, j'ai assisté à de nombreuses répétitions et à des concerts !", ajoute-t-elle avec des étoiles dans les yeux. Elle a écrit chaque scène et cherchait ensuite le morceau de musique susceptible de l'incarner. "Pour cela, il faut vraiment aimer la musique classique et s'y connaître un minimum", convient-elle.

La musique enregistrée en France

Le compositeur Etienne Perruchon a aidé "à régler tout ça" et a même composé deux morceaux originaux pour la série. "Il nous fallait quelque chose de puissant et le résultat est magnifique", s'enflamme-t-elle. "Le mari de notre chef d'orchestre de fiction est lui-même compositeur", continue-t-elle, "l'un des fils rouges est de savoir s'il va être capable d'aller au bout de sa composition". 

Jusque-là, pour la mise en musique classique des fictions, il fallait aller à l'étranger, généralement Sofia et Bruxelles. "Par chance, l'Ondif a récemment mis en place un programme d'enregistrement en France", souligne-t-elle,"et ils ont accepté d'enregistrer en studio, de venir jouer sur scène et même d'apparaître à l'écran et ça ils ne l'avaient jamais fait". C'est aussi leur première bande originale de série, dont les solos de violon sont interprétés par Ann-Estelle Médouze, supersoliste avec les musiciens de l'Ondif. L'ensemble a été dirigé en studio par la Polonaise Marzena Diakun, "une des rares femmes à diriger les orchestres permanents". Elle a réussi à se libérer malgré un agenda de "rock star".