Les Guignols de Canal+ ont dit "A tchao" pour de bon vendredi soir

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/06/2018 à 10H24, publié le 01/06/2018 à 14H14
PPD, marionnette des Guignols de Canal+

PPD, marionnette des Guignols de Canal+

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Les Guignols, émission satirique phare de Canal+ depuis son lancement en août 1988, ont tiré leur révérence vendredi soir. À la rentrée, ils auront disparu de la grille de rentrée, comme l'a annoncé la chaîne le 1er juin. Pour ces adieux, étaient présentes des marionnettes cultes comme celles de "PPD", de Jacques Chirac ou de Mr. Sylvestre.

Sur sa page Facebook, l'émission avait donné rendez-vous à 20H30 aux fans pour sa dernière, et publié une bande-annonce dans laquelle ces personnages favoris des téléspectateurs, aux côtés d'autres marionnettes dont celles de Bernadette Chirac et Anne-Sophie Lapix, entonnent à leur manière la célèbre chanson "Je suis venu te dire que je m'en vais" de Serge Gainsbourg.

L'émission de marionnettes, qui brocardait les stars (comme Johnny Hallyday et sa mythique "boîte à coucou") et les politiques comme Jacques Chirac - dont ils ont pourtant contribué à humaniser l'image lors de la présidentielle de 1995, connut sa période la plus fastueuse dans les années 90. Elle avait vu son audience dégringoler depuis 2015 avec un changement d'équipe, un passage temporaire en crypté et un ton plus politiquement correct. Son arrêt à la rentrée a été annoncé au cours d'un comité d'entreprise de la chaîne le 1er juin.

La menace planait sur l'émission depuis l'arrivée de Vincent Bolloré à la tête de Canal+ en 2015, ce dernier leur reprochant leur impertinence, évoquant un abus "de dérision" et une tendance à se "moquer des autres". Les Guignols n'avaient dû leur survie - pour un temps - qu'à une levée de boucliers de responsables politiques qui les avaient défendus au nom du droit à la caricature.

La chaîne a sciemment "désorganisé" l'émission pour la faire dépérir, a accusé Bruno Gaccio

"La méthode est extraordinaire", avait dénoncé il y a quelques jours sur la webtélé Le Média Bruno Gaccio, ancien auteur phare du programme, estimant que la chaîne et son actionnaire (Bolloré) avaient volontairement "désorganisé" l'émission pour mieux la faire dépérir. "On a commencé par virer les trois auteurs, on en a pris d'autres qui, eut égard à l'espèce de confrérie qu'il y a entre les auteurs, étaient absolument nullissimes, ils ont viré la prod (...), et aujourd'hui dans une indifférence complète, on vient dire +cette émission ne marche pas et elle coûte très cher, donc on est obligés de l'arrêter+".

"L'effet papillon", autre victime emblématique de l'ère Bolloré

Une autre émission phare de Canal+, le magazine de reportages "L'effet papillon", s'apprête à faire ses adieux aux téléspectateurs ce dimanche, la chaîne ayant décidé de ne pas la reconduire après 12 saisons. L'émission serait sacrifiée à la suite de la diffusion d'un reportage sur le Togo qui aurait déclenché la colère de Vincent Bolloré. Ce reportage relatait des manifestations hostiles au président togolais Faure Gnassingbé avec lequel le groupe Bolloré est en affaires depuis des années.

Selon le magazine Télé Star, sa présentatrice Daphné Roulier animera à la rentrée un nouveau magazine culturel sur la chaîne cryptée.