Deux bonnes raisons de regarder "Speakerine", la nouvelle série de France 2

Mis à jour le 14/04/2018 à 19H17, publié le 14/04/2018 à 18H58
Marie Gillain est Christine Beauval, l'héroïne de la série "Speakerine".

Marie Gillain est Christine Beauval, l'héroïne de la série "Speakerine".

© France Télévisions

Dans "Speakerine", la nouvelle série évènement de France 2, la comédienne Marie Gillain incarne Christine, speakerine de la seule et unique chaîne de télévision française au début des années 60. Elle y donne la réplique à Guillaume de Tronquédec, son époux et patron. Cette série aborde le statut des femmes, un sujet brûlant, mais il s'agit aussi d'un thriller haletant. Deux raisons de la voir.

1.
Pour mesurer le chemin parcouru par les femmes

L'action de "Speakerine" se déroule en 1962, à une époque où le mari était encore juridiquement le "chef de famille". Les femmes n'avaient alors ni le droit d'avoir leur propre compte en banque ni de travailler sans l'accord de leur mari. Elles n'ont obtenu ces droits qu'en 1965. 

Christine Beauval, speakerine vedette de la RTF,  cherche à s'affranchir de son image de "potiche" et à s'émanciper. Mère de famille, elle est aussi l'épouse modèle du directeur de l'information proche du général de Gaulle. Cet homme est macho mais plutôt mesuré pour l'époque puisqu'il accepte que sa femme travaille. Cela va se gâter lorsque Christine va vouloir davantage en réclamant son propre magazine d'information.

"Avec 'Speakerine' on prend la mesure de la mysogynie" de l'époque, souligne Marie Gillain qui joue l'héroïne. Elle incarne cette "femme glamour, au comble du chic de l'époque, qui se doit aussi de tenir sa maison et élever ses enfants, de préparer le gigot pour son mari qui rentre pour mettre les pieds sous la table", remarque-t-elle. Son mari, joué par Guillaume de Tronquédec, est son supérieur hiérarchique. "Tant qu'elle fait la jolie plante verte, tout va bien. Quand elle prend plus d'assurance et souhaite créer quelque chose, cela ne lui plaît plus."

"C'est bien pour nous, mais pour nos enfants aussi, de se rappeler ce qu'étaient les femmes à l'époque, de savoir qui nous a donné cette liberté de femmes que nous avons aujourd'hui", estime Marie Gillain. Elle confie néanmoins que Denise Fabre, célèbre speakerine, lui a glissé au creux de l'oreille durant la projection, "Il y a des moments où vous étiez en-deça de la réalité." 

2.
Parce que c'est aussi un thriller

Si "Speakerine" brosse le portrait d'une époque, et que les costumes et les décors très soigneux à la "Mad Men" risquent d'enchanter les esthètes, il s'agit aussi d'un thriller avec un suspense haletant. Notre speakerine est en effet mêlée à un meurtre et la cible de menaces.

Avec l'OAS et la guerre d'Algérie en toile de fond, le polar prend des tours plus politiques selon que la caméra suit l'époux et directeur de l'information de la chaîne publique aux ordres du général de Gaulle ou plutôt le journaliste (joué par Grégory Fitoussi) révolté par le racisme de la police.

"J'espère que ce ne sera pas une série où les gens vont passer leur temps à regarder les costumes et les décors", remarque Marie Gillain, "mais qu'on va vraiment faire un plongeon dans cette époque avec un ton qui sera tantôt drôle, tantôt dramatique, émouvant, romantique, politique."


Rendez-vous avec "Speakerine" lundi 16 mars à 20h55 sur France 2 (une série en six épisodes de 52 mn réalisée par Laurent Tuel avec Marie Gillain, Guillaume de Tonquédec, Grégory Fitoussi et Christiane Millet)