Cynthia Nixon, ex-héroïne de "Sex and the City", se lance en politique

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 20/03/2018 à 13H40, publié le 20/03/2018 à 11H27
Cynthia Nixon à New York le 3 février 2018

Cynthia Nixon à New York le 3 février 2018

© Jason deCrow / AP / Sipa

En cette ère Trump, nombreuses sont les femmes démocrates sans expérience politique prêtes à se lancer dans l'arène électorale. Parmi elles, l'actrice Cynthia Nixon a annoncé lundi qu'elle défierait à l'automne le puissant gouverneur sortant de l'État de New York.

Héroïne de la série "Sex and the City", où elle jouait l'avocate Miranda Hobbes, récompensée par deux prix Tony pour ses performances à Broadway, Cynthia Nixon, 51 ans, a annoncé sa candidature aux primaires démocrates du 13 septembre dans une vidéo postée sur son compte Twitter.

Mariée depuis 2012 à une militante pour les droits homosexuels, Nixon, mère de trois enfants - dont deux d'un précédent mariage avec un homme - espère bousculer le statu quo et incarner une politique plus proche du peuple face au sortant Andrew Cuomo, 60 ans, un vétéran de la politique en poste depuis 2011.

"J'aime New York, mais nos responsables nous ont laissé tomber, nous sommes maintenant l'État le plus inégalitaire du pays", déclare Cynthia Nixon dans son film de deux minutes, citant le fossé grandissant entre les riches et les pauvres ou le besoin d'améliorer le métro new-yorkais. "Je n'en peux plus des politiques plus préoccupés par les titres des journaux et par leur pouvoir que par notre sort", ajoute l'actrice dans cette vidéo, où on la voit en famille, prendre le train ou marcher dans les rues de New York.

Les États-Unis ont connu d'autres conversions à la politique de personnalités du spectacle, comme l'ex-président Ronald Reagan ou l'ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger. Tout récemment, le nom de la vedette de télévision Oprah Winfrey est revenu comme potentielle rivale de Donald Trump en 2020, même si l'intéressée a indiqué ne pas "avoir l'ADN" pour ça.

À New York, face à Andrew Cuomo, elle démarre en outsider

Mais Cynthia Nixon part de loin face au gouverneur démocrate Andrew Cuomo, qui espère être réélu en novembre pour un troisième mandat dans ce bastion démocrate qu'est New York. Dans un sondage réalisé la semaine dernière par l'université Siena College, alors que la rumeur montait sur la possibilité d'une candidature de Cynthia Nixon, seuls 19% des électeurs démocrates interrogés se disaient prêts à voter pour elle lors des primaires démocrates de septembre, contre 66% pour Cuomo.

Bien que beaucoup d'électeurs reconnaissent le nom de Cynthia Nixon, 60% des personnes interrogées soulignaient par ailleurs n'avoir "aucune opinion" d'elle - signe qu'elle a du pain sur la planche pour promouvoir ses idées. Andrew Cuomo, lui-même fils du défunt gouverneur Mario Cuomo, dont le nom figura longtemps parmi les candidats possibles à la Maison Blanche, est lui, au contraire, l'incarnation de l'homme politique expérimenté, très présent dans les médias, sous les feux des caméras au moindre drame, et à la pointe des grandes causes démocrates face à Donald Trump.

Mais il incarne aussi un certain pourrissement du système, et un de ses anciens principaux adjoints, Joseph Percoco, a été condamné la semaine dernière pour corruption. Même si Cuomo n'a pas été directement mis en cause, son nom n'a cessé de revenir au procès.

Très engagée pour l'éducation publique

Cynthia Nixon, très engagée pour la promotion de l'éducation publique, n'est pas non plus dépourvue de réseau parmi de puissants démocrates: elle a consulté, avant de se lancer, de grands stratèges du parti, et semble notamment avoir le soutien tacite du maire démocrate de New York, Bill de Blasio, récemment réélu et aux relations extrêmement tendues avec Cuomo.

Et la compagne de Mme Nixon, Christine Marinoni, travaillait jusqu'à tout récemment pour la mairie de New York. Interrogé dimanche par le New York Post, le maire a néanmoins démenti "toute implication" dans sa campagne - avant de dénoncer le "statu quo" incarné par Andrew Cuomo.