Intermittents : le Medef "veut tuer la culture", selon Filippetti

Publié le 16/02/2014 à 11H23
Aurélie Filippetti le 23 janvier 2014 à Metz

Aurélie Filippetti le 23 janvier 2014 à Metz

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti accuse le Medef de chercher des "boucs émissaires" et de vouloir "tuer la culture" avec sa proposition de suppression du régime des intermittents du spectacle, dans une interview publiée dimanche par "Le Parisien".

"Le Medef a une attitude agressive et scandaleuse. Il veut tuer la culture", assène Aurélie Filippetti tout en insistant sur le rôle économique joué par les intermittents "qui contribuent à un secteur représentant 3,2% du produit intérieur brut". La ministre explique ainsi : "Economiquement on a besoin des intermittents. Quand vous investissez un euro dans un festival ou un établissement culturel, vous avez 4 à 10 euros de retombées économiques pour les territoires."

Jeudi 13 février, le patronat a jeté un pavé dans la mare lors des négociations sur l'assurance chômage avec des propositions drastiques, telles que la suppression pure et simple du régime des intermittents du spectacle, provoquant de vives réactions syndicales ainsi qu'une occupation du hall du ministère de culture.

Le jour même, Aurélie Filippetti avait réaffirmé son "attachement et l'attachement du gouvernement" à ce régime.

Les intermittents "ne sont pas des privilégiés"
Dans son interview au "Parisien", la ministre souligne que les intermittents "ne sont pas des privilégiés" et que le Medef "cherche un bouc émissaire car il est incapable de s'engager sur des contreparties au pacte de responsabilité proposé par le président".

Interrogée sur les mesures qui pourraient être prises pour réformer le régime des intermittents, elle s'est montrée très réticente face à un relèvement du nombre d'heures pour toucher les indemnités, estimant que cela pénaliserait "ceux qui sont déjà les plus précaires".

Elle a en revanche mentionné "le plafonnement du cumul possible entre des rémunérations d'activité et des indemnités du chômage", préconisé par les entrepreneurs des professions culturelles. Mais elle a ajouté : "Je ne veux pas en dire plus car les discussions entre les partenaires sociaux doivent durer jusqu'au 13 mars. Je demande juste au Medef d'examiner les propositions faites par ces entrepreneurs."