Les spectacles de Dieudonné bientôt interdits ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/12/2013 à 19H04, publié le 27/12/2013 à 13H26
Dieudonné au Palais de justice de Paris (13 décembre 2013)

Dieudonné au Palais de justice de Paris (13 décembre 2013)

© Aurélien Meunier / SIPA

Le ministère de l’Intérieur va étudier "toutes les voies juridiques" pour interdire les "réunions publiques" de Dieudonné, qui "n'appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent à accroître les risques de troubles à l'ordre public", a annoncé la place Beauvau vendredi. Entre-temps, le geste de ralliement de Dieudonné, la "quenelle", se répand jusque sur les stades anglais, avec Anelka.

Le ministre de l'Intérieur condamne "avec fermeté les propos racistes et antisémites" de Dieudonné M'Bala M'Bala, rappelant notamment qu'il s'en est récemment pris au journaliste Patrick Cohen. Un récent reportage sur France 2  montrait Dieudonné s'en prendre au journaliste de France Inter, lors d'un spectacle à Paris.

Reportage de J. Anthony, A. Delcourt

https://videos.francetv.fr/video/NI_141003@Culture

Dieudonné "ne semble plus s'embarrasser de la moindre limite"
"De déclaration en déclaration, comme l'ont démontré plusieurs émissions télévisées, il s'attaque de façon évidente et insupportable à la mémoire des victimes de la Shoah", ajoute le ministère, soulignant que "malgré une condamnation pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale", Dieudonné "ne semble plus s'embarrasser de la moindre limite".

"Dans ces conditions, le ministre de l'Intérieur a décidé d'étudier de manière approfondie toutes les voies juridiques permettant d'interdire des réunions publiques qui n'appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent, à chaque nouvelle représentation, à accroître les risques de troubles à l'ordre public", ajoute le ministre de l'Intérieur.
 
Radio France saisit la justice
La direction de Radio France a annoncé le 20 décembre qu'elle allait saisir la justice après les propos antisémites de Dieudonné visant Patrick Cohen. Dans son spectacle au théâtre parisien de la Main d'Or, Dieudonné lance notamment : "Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise." Ou encore : "Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu  vois, les chambres à gaz... Dommage."
 
L'humoriste controversé attaque régulièrement Patrick Cohen depuis que le journaliste a demandé en mars à Frédéric Taddeï, sur le plateau de "C à vous",  s'il continuerait à inviter "des personnalités telles que Tariq Ramadan,  Dieudonné, Alain Soral, Marc-Edouard Nabe (...) que les autres médias n'ont pas forcément envie d'entendre".
 
La "quenelle" de Dieudonné se propage
Dieudonné  est également à l'origine de la "quenelle", un geste qui se propage de manière virale en France, notamment parmi les jeunes qui, placés parmi les spectateurs sur les plateaux de télévision, l'exécutent devant les caméras. Pour les associations juives, ce bras tendu vers le bas, la main de l'autre bras étant portée à l'épaule, n'est rien d'autre qu'un salut nazi déguisé, ce que Dieudonné conteste.

Nicolas Anelka s'y met aussi en Angleterre
Le mimétisme de cette quenelle prend des tournures inattendues et parfois violentes. Cette semaine, quatre salariés d'une boîte de nuit lyonnaise fréquentée par la communauté juive ont été à l'origine d'une expédition punitive de jeunes furieux, après qu'ils aient pris une photo sur laquelle ils arboraient le geste de la quenelle.

Vendredi, deux employés du Parc Astérix ont suscité la "condamnation" la plus "ferme" de la direction pour les mêmes raisons.

Samedi, le footballeur Nicolas Anelka a réalisé le même geste après avoir marqué un but pour West Bromwich, lors d'un match du championnat anglais, La ministre des Sports Valérie Fourneyron a fustigé une "provocation choquante, écoeurante".

Dieudonné condamné en novembre
Dieudonné a été condamné fin novembre en appel à 28.000 euros d'amende pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale pour des propos et une chanson dans deux vidéos diffusées sur internet. Dans l'une des vidéos incriminées, il transformait la chanson d'Annie Cordy "Chaud  cacao" en "Shoah nanas".

Plus récemment, devant le tribunal correctionnel de Paris, le ministère  public a requis contre lui 200 jours amende à 100 euros pour des propos tenus dans un enregistrement vidéo diffusé sur internet en avril 2010, dans laquelle il reprenait l'expression "Shoah-nanas".