Ary Abittan à la Cigale : la success story d'un enfant de Sarcelles

Mis à jour le 06/11/2018 à 16H32, publié le 06/11/2018 à 16H02
Ary Abittan en 2017.

Ary Abittan en 2017.

© FRANCK FIFE / AFP

Il a fait du rire sa meilleure arme dans la vie. Ary Abittan, acteur et humoriste, est à la Cigale jusqu'au 17 novembre avec "My story", puis en tournée en France, en Suisse et en Belgique. Des sketchs remplis d'anecdotes personnelles : ses parents, son divorce, ses enfants, sa banlieue... tout y passe. Ingrédients du succès : de la dérision et un sens inné de la performance.

C'est une histoire qui peut faire rêver tous les gamins de banlieue. Ary Abittan, 44 ans, est né dans une cité populaire du Val d'Oise, à Sarcelles. Mais de ces grands immeubles et de cet univers en béton, il ne garde que des bons souvenirs.

Amour fusionnel mère/fils

Une enfance marquée d'abord par l'amour inconditionnel de ses parents : sa mère tunisienne, son père marocain, deux piliers de son existence qui lui inspirent encore aujoud'hui bon nombre de ses sketchs. "J'ai fait ce métier, dit-il, pour faire rire ma mère." Amour fusionnel mère/fils. Lorsque vous parlez à Marlène de son Ary, elle ne lui trouve bien sûr que des qualités. "Il a tout ! " m'affirme-t-elle en toute objectivité. Son seul défaut ? "Il est un peu nerveux..." 

Ary Abittan était invité du 20h30 sur France 2 le 4 novembre. Reportage : Laurence Piquet et Julien Goudichaud
Dans les rues de Sarcelles, les témoignages de sympathie affluent : ceux qui l'ont bien connu nous racontent sa simplicité, sa gentillesse, et les souvenirs du passé. Les premiers petits boulots avant qu'il ne rencontre le succès : c'est sur le marché de la ville qu'il a commencé à faire entendre sa voix. En vendeur de clémentines, Ary Abittan décrochait déjà le premier rôle ! Il fut ensuite chauffeur de taxi, comme son père. Pour l'anecdote, il travaillait à la Plaine saint-Denis dans une société qui se trouvait à quelques centaines de mètres seulement des studios de télévision. De quoi nourrir déjà l'imaginaire du jeune homme.

Conquérir le monde par le rire

Depuis ses premières classes, il en était convaincu : c'est par le rire qu'il allait concquérir le monde. Pitre à l'école, à la maison, et avec ses copains, Ary a passé toute son enfance à rêver d'être humoriste. Ses modèles : Charlie Chaplin, Jerry Lewis, Elie Kakou et plus tard Gad Elmaleh qui lui offrira d'assurer la première partie de ses spectacles. Son tour de force : avoir réussi à vivre ses rêves et s'imposer progressivement dans des salles de plus en plus importantes.

Première étape cruciale : le 10 janvier 1998, sa première scène à Sarcelles, le forum des Chollettes, une salle aujourd'hui détruite et remplacée par une banque. Ary Abittan triomphe devant 700 spectacteurs concquis. C'est un peu son "Olympia", un laissez-passer vers cette carrière tant désirée. Son père lève les bras au ciel et l'acclame. Tout devient possible.

Un physique de George Clooney

Humoriste, mais aussi comédien, les portes du cinéma s'ouvrent à lui il y a une dizaine d'années. Il faut dire qu'avec le temps, le physique d'Ary Abittan a beaucoup changé. Oulbliée la silhouette ingrate du jeune adolescent, c'est un quadra aux allures de George Clooney qui séduit tous les publics, une comparaison forcément flatteuse qui le fait sourire aujourd'hui. Plusieurs comédies à son palmarès : "Coco" de Gad Elmaleh, "Tout ce qui brille" de Géraldine Nakache, ou encore "Hôtel Normandy" de Charles Nemes.

Puis un véritable tournant. 2014 : "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu" avec Christian Clavier rafle tout sur son passage. Plus de 12 millions de spectacteurs. Un véritable coup d'accélérateur dans sa carrière. Une chance aussi que celle de jouer dans un film qui parle avec humour du racisme, et de la nécessité d'accepter les autres cultures. Car ce film, c'est un peu le résumé des premières années de sa vie : lui le môme juif de Sarcelles n'a grandi et n'a aimé qu'être entouré des différentes langues et religions qui font le creuset de sa ville. 

Et à l'affiche au cinéma le 30 janvier 2019, "Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu", la suite de l'histoire de ce couple interprété par Christian Clavier et Chantal Lauby. Peut-être un nouveau carton dans la filmographie d'Ary Abittan... En attendant, c'est sur scène que cet artiste savoure chaque jour l'accueil du public. Les rires et les applaudissements, ce sont ses plus beaux trophées.