Harcèlement sexuel : le producteur québécois Gilbert Rozon démissionne

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/10/2017 à 09H10, publié le 19/10/2017 à 09H09
Gilbert Rozon est le président et fondateur du festival Juste pour rire 

Gilbert Rozon est le président et fondateur du festival Juste pour rire 

© NEWSCOM/SIPA

Gilbert Rozon est le président emblématique du groupe Juste pour rire, un festival canadien rassemblant de nombreux humoristes francophones. Il a annoncé dans la soirée du 18 octobre qu'il démissionnait de ses fonctions, "ébranlé par des allégations" à son sujet.

"Ebranlé par les allégations me concernant, je souhaite consacrer tout mon temps à faire le point. A toutes celles et ceux que j'ai pu offenser au cours de ma vie, j'en suis sincèrement désolé", a-t-il écrit sur Facebook. Le grand manitou du "showbizz" québecois a aussi indiqué qu'il se retirait "dès maintenant" de ses fonctions de vice-président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il a indiqué se retirer de tous les postes qu'il occupait pour ne pas "porter ombrage" à ses collaborateurs et leurs familles.

Une enquête liée à une agression sexuelle à Paris, en 1994 

Son retrait survient après que l'humoriste québecois Guillaume Wagner a publiquement accusé Gilbert Rozon d'être un "agresseur", suite à des allégations de femmes qui auraient été victimes du fondateur du Festival Juste pour rire. Guillaume Wagner affirme avoir été motivé dans sa sortie par les allégations d'inconduite sexuelle visant Eric Salvail, animateur-vedette à la télévision des "Recettes pompettes", publiées mercredi par le quotidien La Presse. L'humoriste a affirmé avoir lui-même été harcelé par Eric Salvail.
 
Selon Radio-Canada, Gilbert Rozon est visé par une enquête de la police de Montréal pour une affaire d'agression sexuelle qui se serait produite à Paris en 1994, information qu'un porte-parole n'a pas confirmée.

Laisser la justice faire son travail

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a cependant indiqué sur Twitter avoir "pris connaissance (...) avec consternation et déception (...) des graves allégations d'inconduite sexuelle qui pèsent contre Gilbert Rozon". "On peut être troublé, révolté, bouleversé" par ces allégations, mais nous devons laisser la justice faire son travail, "tout en soutenant les femmes et les hommes qui en ont parlé", a-t-il plaidé en substance.
 
Ces révélations surviennent dans la foulée de l'affaire Harvey Weinstein, le tout-puissant producteur d'Hollywood accusé de harcèlement sexuel et de viols par des dizaines d'actrices, devenu paria et suscitant un sursaut d'indignation sur les réseaux sociaux.