Lille 2004 a profondément marqué la vie culturelle de la métropole du Nord

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/01/2013 à 11H53, publié le 10/01/2013 à 11H25
La compagnie Les Girafes lors de la grande parade de la fête de clôture de Lille 2004 (20 novembre 2004)

La compagnie Les Girafes lors de la grande parade de la fête de clôture de Lille 2004 (20 novembre 2004)

© François Lo Presti

A Lille, l'effervescence suscitée en 2004 par le titre de "capitale européenne de la culture" s'est installée durablement, faisant éclore manifestations et lieux de culture dans une métropole à l'image transformée

"Il y a eu en 2004 un engouement auquel on ne s'attendait pas" pour un  événement alors plein d'expérimentations, reconnaît Didier Fusillier, concepteur de l’évènement, à la veille de l’ouverture de Marseille 2013.
 
"Avec Martine Aubry (la maire de Lille, ndlr), on s'était dit que s'il s'agissait juste de faire une programmation artistique un peu meilleure que d'habitude, ça n'avait pas beaucoup de sens", se souvient-il.
  L'équipe met donc au point un cocktail ambitieux : grande parade d'ouverture, métamorphoses urbaines (une "forêt suspendue" sur la Grand Place), une flopée de spectacles vivants et d'expositions. Au total, 2.500 manifestations sont organisées dans la métropole.
La grande nuit d'ouverture de Lille 2004
 
Le succès est au rendez-vous : 9 millions de visiteurs, une hausse de 50%  du nombre d'étrangers venus découvrir la ville, un tiers de fréquentation en plus dans les hôtels.
 
Les Lillois ont retrouvé une "vraie fierté"

Mais la première réussite de Lille 2004 est "d'avoir rendu une vraie fierté aux habitants, qui se sont rendu compte qu'on était une région de culture", se  félicite Martine Aubry.
 
"Le changement de comportement des habitants de la région a été spectaculaire: ils vont vers les musées, et se reportent sur le cirque, le théâtre...", se réjouit Didier Fusillier.
 
"Lille 2004 a constitué une formidable opération de marketing territorial qui a été très bénéfique à la métropole lilloise", reconnaît volontiers le chef de l'opposition lilloise, Christian Decocq (UMP).
 
Lille a continué à accueillir de grands évènements culturels
Outre la création d'emplois directs dans la culture (environ 1.300 en 2004), la nouvelle image "créative" de la ville a permis de dynamiser des secteurs comme la santé, l'e-commerce ou les nouvelles technologies, assure Martine Aubry.
 
Le tout financé grâce aux bénéfices de Lille 2004, "3 millions d'euros après impôt", selon Didier Fusillier, désormais programmateur artistique des manifestations, par le biais de l'association Lille 3000.
 
Avec "Bombaysers" en 2006 (sur le thème de l'Inde) et "Europe XXL" en 2009(sur l'Europe élargie), la cité nordiste a attiré à chaque fois près d'1  million de personnes sur trois mois.
 
"Fantastic" a accueilli plus de 1,7 million de visiteurs
Le grand événement 2012, intitulée "Fantastic", qui prend fin ce week-end, devrait  faire encore mieux, avec plus de 1,7 million de visiteurs selon le bilan provisoire.
 
Pour l'opposant Christian Decocq, Lille 2004, "assemblage séduisant de créations existantes", a toutefois échoué à "générer un souffle de créativité" chez les artistes locaux.
 
"Une dizaine de galeries se sont installées, 5 chorégraphes, des écrivains, des collectifs d'artistes, de jeunes designers dans le domaine textile, des cinéastes et vidéastes", rétorque Didier Fusillier.
 
De lieux culturels, nouveaux en 2004, sont devenus permanents
Une demande si importante, selon Martine Aubry, que la ville est en train d'inclure "la construction d'ateliers d'artistes dans des programmes de logements".
 
Des lieux culturels permanents ont vu le jour depuis 2004. Installées dans d'anciennes usines de la métropole, une dizaine de "Maisons Folies" proposent toute l'année concerts, expositions, spectacles et ateliers.
 
Les expositions temporaires du Tri Postal et de la Gare Saint-Sauveur sont  aussi très courues. "Lille 2004 a ouvert à coup sûr les Lillois à l'art  contemporain", souligne Christian Decocq.
 
Régulièrement critiquée sur le financement des rejetons de Lille 2004,  Martine Aubry répond qu'un événement comme Fantastic ne représente que 4% du  budget Culture de la ville. 40% des fonds viennent de mécènes privés. Quant au prochain millésime, il est "évidemment" en préparation, sourit la maire. Rendez-vous en 2015.