Le Roi Momo ouvre le carnaval de Rio et "décrète la joie"

Par @Culturebox
Publié le 01/03/2014 à 11H28
Le Roi Momo, Wilson Dias da Costa Neto, en compagnie de la Reine du carnaval, Leticia Martins Guimaraes, a reçu la clé de la ville de Rio de Janeiro (28 février 2014)

Le Roi Momo, Wilson Dias da Costa Neto, en compagnie de la Reine du carnaval, Leticia Martins Guimaraes, a reçu la clé de la ville de Rio de Janeiro (28 février 2014)

© Levy Ribeiro / AFP

Le Roi Momo, monarque bouffon et ange gardien du carnaval de Rio de Janeiro, a reçu vendredi les clés de la ville et déclaré les festivités ouvertes en déclarant : "Je décrète la joie !" Cinq jours de folie vont suivre, avec samba à tous les coins de rue.

Le Roi  Momo, de son vrai nom Wilson Dias da Costa Neto (27 ans), occupe  cette fonction honorifique pour la première fois. Il est venu en limousine jusqu'au tapis rouge qui pare l'entrée de l'hôtel de ville, accompagné de la Reine du Carnaval, Leticia Guimaraes, et des deux princesses.
 
Un monarque corpulent et jovial
Elu lors d'un concours, qui sélectionne un homme corpulent (mais il n’est plus nécessaire, depuis 2004, de peser plus de 110 kg) et jovial, le Roi Momo lancera les défilés officiels au Sambodrome dimanche soir.
 
Le maire Eduardo Paes, sorti de l'hôtel de ville sous les flonflons d'une fanfare de la garde  municipale, a accueilli avec les égards nécessaires son pendant carnavalesque et lui a remis une clef dorée géante, qui symbolise le pouvoir sur la ville, sous les flashes et une pluie de confettis.
 
"Je félicite Sa Majesté le Roi  Momo et salue la Reine et les princesses", a déclaré le maire devant la presse. "Roi Momo, c'est votre première  année de règne, vous prenez la ville dans un moment très spécial. J'espère que vous gérerez bien les problèmes de trafic automobile en centre-ville !", a-t-il lancé sur le ton de l'humour en référence aux travaux qui perturbent la  circulation dans le coeur de Rio.
 
La plus grande fête du monde
"Je suis très heureux d'être le quinzième Roi Momo", a proclamé le nouveau responsable officieux de la ville. "Au nom de la mairie, étant le monarque de la plus grande fête du monde, je déclare ouvert le Carnaval de la Cité Merveilleuse de Rio de Janeiro, avec beaucoup de bonheur mais aussi de responsabilité. Je décrète la joie !"
 
Une samba endiablée démarre alors sur le tapis rouge, au rythme des  percussions de l'école de samba de Vila Isabel, vainqueur du Carnaval officiel en 2013.
 
L'autocrate d'opérette est vêtu d’un costume blanc, avec écharpe en bandoulière où est écrit "Roi  Momo le seul et unique, 2014", et affublé d’une couronne et d’un sceptre. Sa chemise est fermée jusqu'au dernier bouton et le noeud papillon. Le soleil tape dur et le Roi se déhanche frénétiquement: il commence à avoir très chaud !
 
Près d’un million de touristes attendus
Mais il ne se départit jamais de son sourire de vainqueur, qui ajoute à sa rondeur naturelle. La jovialité est un critère essentiel pour incarner cette figure symbolique.
 
Rio attend 918.000 touristes pour le carnaval cette année, soit 2% de plus que l'année dernière, qui se mêleront aux millions de Cariocas.
 
Il y a le Carnaval officiel, qui voit défiler douze écoles de samba devant les 70.000 spectateurs en liesse du Sambodrome, dessiné par le célèbre architecte Oscar Niemeyer et qui luttent pour le titre de champion sous l'oeil  d'un jury intraitable.
 
Et il y a le Carnaval de rue et mobilise pas moins de 492 "blocos", ces groupes festifs aux noms et thèmes fantaisistes. Ainsi, un "bloc" milite pour les seins nus, dans un Brésil plus prude qu’on pourrait le penser. D’autres s’appellent "la demi-douzaine de croquemorts" ou "Gériatrie ou pédiatrie"