Dunkerque attend 50.000 personnes pour le carnaval

Par @Culturebox
Publié le 02/03/2014 à 10H05
Le carnaval de Dunkerque (archives 2008)

Le carnaval de Dunkerque (archives 2008)

© Olivier Leclercq / Hemis.fr / AFP

Plus près de nous que Rio, près de 50.000 personnes sont attendues dimanche, premier des trois jours du carnaval, à Dunkerque, pour un de ses moments marquants : le lancer de harengs (près de 500 kg), depuis le balcon de l’hôtel de ville sur une foule déguisée et en liesse.

Le carnaval, sans chars mais avec beaucoup de musique, de chansons, de déguisements exubérants et de parapluies, est né de la fusion, dans la première moitié du XVIIIe siècle, des festivités de Mardi gras et d'un banquet organisé par les armateurs avant le départ en mer des pêcheurs pour de longs mois.
 
Le carnaval est "lié à notre histoire maritime", explique Laurence Bailleul, de l'office du tourisme de Dunkerque.
 
Dans le lancer de harengs, quelques homards
 
"Le jet de harengs s'est incorporé dans les années 1970. Il y a beaucoup de  règles mais en même temps ce n'est pas figé. Il y a eu beaucoup de ‘carnavaleux’ inventifs. Il y a des choses qui se renouvellent, d'autres qui apparaissent", ajoute-t-elle.
 
Avec l'arrivée de Michel Delebarre, maire PS de la ville depuis 1989, certains carnavaleux ont réclamé que soient également lancés des homards  ("Delebarre, des homards!"). "Il s'est pris au jeu. Les homards sont en plastique et on peut les échanger dans une poissonnerie mais c'est rare que les gens le fassent et ils gardent ça en trophée. Il y a 500 kilos de harengs mais il n'y a que six ou sept homards", explique Laurence Bailleul.
 
Dimanche est le premier jour des "trois joyeuses", qui correspondent aux trois derniers des sept jours gras, précédant pour les catholiques la période du Carême. Le dimanche matin a lieu la sortie des géants, grands mannequins accompagnés de fifres (petites flûtes) et de tambours.
 
Après la sortie des géants et les harengs, le Rigodon
 
Les carnavaleux peuvent faire une pause dans les "chapelles", maisons de particuliers ouvertes, avec boissons et nourriture en abondance.
 
Les "bandes" (défilés derrière les musiciens) ont débuté mi-janvier dans les villes aux alentours de Dunkerque et doivent prendre fin le 6 avril avec la  "bande" de Bergues.
 
Le jet de harengs, prévu dimanche à 17h, sera suivi du Rigodon, "chahut" (mouvement de foule bras dessus, bras dessous au rythme des cuivres) d'une heure qui se terminera par l'hymne "La cantate à Jean Bart", célèbre corsaire anobli par Louis XIV et héros de la ville.
 
En raison de quelques incidents qui ont émaillé les festivités dans les autres villes, le dispositif de sécurité sera renforcé dimanche. "Ce ne sont que des épiphénomènes qui ont été malencontreusement amplifiés. Pour rassurer le public, le sous-préfet, en accord avec le commissaire central, va appliquer le principe de précaution qui prévaut dans toute organisation de manifestation", a souligné Jean-Pierre Lang, directeur de l'animation à la  mairie, ajoutant qu'il y aurait l'équivalent de 200 agents de sécurité et fonctionnaires de police.