Décès de Pierre Mondy

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/09/2012 à 15H27
Pierre Mondy (janvier 2009)

Pierre Mondy (janvier 2009)

© Jean-Christophe Verhaegen / AFP

L'acteur et metteur en scène Pierre Mondy, est décédé samedi matin à Paris à l'âge de 87 ans après une carrière de 60 ans sur les planches, au petit et au grand écran. A la télé il avait fait les belles heures d'au "Théâtre ce soir" et au cinéma il avait tourné avec les maîtres de la comédie française dans les années 1960 et 1970

Pierre Mondy est décédé à l'hôpital de la Pitié-Sapêtrière des suites d'une récidive de lymphome, a précisé son attaché de presse. Il était hospitalisé depuis fin août. "La famille a souhaité remercier les services de la Pitié-Salpêtrière qui l'ont accompagné depuis trois ans dans son combat contre la maladie", a indiqué  l'attaché de presse.

Pierre Mondy avait mené de front durant plus six décennies une carrière d'acteur familier du grand comme du petit écran, en particulier avec la série  populaire télévisée "Les Cordier père et fils". Il avait mis en scène près de 60 pièces de théâtre dont la célèbre "Cage aux Folles".

 

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Des débuts au cinéma en 1949, avec Jacques Becker
Né Pierre Cuq le 10 février 1925 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Pierre Mondy grandit à Albi (Tarn), où son père est directeur d’établissement scolaire. En 1943, il monte à Paris pour suivre les cours de René Simon, avant de débuter au cinéma dans "Rendez-vous de juillet", de Jacques Becker (1949).

Physique râblé mais vif et oeil bleu malicieux, le jeune second rôle s'illustre dans de nombreuses comédies populaires comme "Ni vu ni  connu" d'Yves Robert ou "Le Triporteur" (1957) de Jacques Pinoteau où il donne la  réplique à son ami Darry Cowl.

Pierre Mondy entame parallèment une carrière prolifique au théâtre. A la télévision, il est à "Au Théâtre ce soir", où il joue et dirige des monstres sacrés comme Jacqueline Maillan, Jean Poiret ou Michel Serrault dans des pièces de Georges Feydeau, Marcel Achard, Sacha Guitry, Francis Veber, Neil Simon.

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Un acteur de comédie
A l'écran, son interprétation de Napoléon Bonaparte dans "Austerlitz" d'Abel Gance en 1960 lui permet de montrer une facette plus dramatique de son talent.

Entre 1949 et 2009, Pierre Mondy a tourné dans 95 films, dont de très grands succès comme "Le comte de Monte-Cristo" de Claude Autant-Lara (1961), "Week-end à Zuydcoote" d'Henri Verneuil (1964) ou  "Tranches de vie" de François Leterrier (1985)

La comédie reste son genre de prédilection. Entre deux tournages avec les maîtres de la comédie française des années 1960 comme Yves Robert ("Bébert l'omnibus", "Les copains") ou Robert Dhéry ("Vos gueules les mouettes !"), Pierre Mondy réalise en 1969  son unique long métrage "Appelez-moi Mathilde".

Dans les années 70 il est l’inénarrable sergent-chef  Chaudard pour Robert Lamoureux dans la trilogie de la "Septième compagnie", il  succombe aux charmes de Mireille Darc dans "Le téléphone rose" (Edouard Molinaro) ou affronte Annie Girardot dans "Vas-y maman !" (Nicole de Buron).

Pierre Mondy avec Darry Cowl dans "Le Triporteur"

"Si j'arrête, je me rouille"
Sous sa direction, "La cage aux folles", écrite par son alter ego Jean Poiret, remporte un succès considérable. "L'ami Jean" et Michel Serrault la jouent plus de 1500 fois.

Après la mort de son complice qui le laisse désemparé, l'acteur trouve un  second souffle avec la série populaire télévisée "Les Cordier",  créée en 1992. Elle sera diffusée pendant 14 ans sur TF1.

Pierre Mondy, marié en quatrièmes noces à la comédienne Catherine Allary, avait deux enfants d'un précédent mariage.

Pierre Mondy n'avait jamais songé à déserter la scène ou les plateaux. "Si  j'arrête, je me rouille. Tant que vous avez la mémoire, l'énergie et l'envie,  il n'y a pas de raison d'arrêter", expliquait-il récemment. Atteint d'un lymphome (cancer de la lymphe), soigné à l'hôpital parisien de la  Pitié-Salpêtrière, l'acteur, confiait il y a deux ans: "Il faut relativiser  beaucoup, chaque jour qui passe est un jour de gagné". "Revenir au théâtre, ça  pourrait me tenter", ajoutait-il. "Dans  ma tête, je ne suis pas à la retraite", concluait-il.

Pierre Mondy dans la "7e compagnie"

Hommage à Pierre Mondy au festival de La Rochelle
Le festival de la fiction TV de La Rochelle va rendre hommage à Pierre Mondy samedi soir, lors de la cérémonie des prix, a annoncé son président-fondateur Quentin Raspail. Pierre Mondy avait été président du jury en 2001.

"C'est un homme à la carrière exceptionnelle qui avait une vraie joie de vivre, la passion du métier et de l'énergie", a déclaré Quentin Raspail. "C'est un homme formidable que j'aimais", a-t-il ajouté.

"C'était un sage", a réagi Line Renaud. C'était "une figure immense de notre métier", a-t-elle ajouté. "Pierre ne se contentait pas de jouer. C'était son grand talent. Il interprétait comme dans la vie, a-t-elle confié, ajoutant que, sur le plan personnel, c'était "un modeste, un humble, ne se prenant jamais au sérieux, capable d'ironiser sur lui-même".

"Pierre savait tout de ce métier. Il était acteur et metteur en scène, mais  surtout un complice total pour les acteurs qu'il dirigeait. C'était un savant  de notre métier", a déclaré de son côté Anny Duperey. "C'était un camarade et  un partenaire extraordinaire", a-t-elle poursuivi.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a salué "un comédien  populaire, apprécié du plus grand nombre".

"Pierre Mondy était certainement l'un des hommes de théâtre, de cinéma et  de télévision les plus aimés des Français. Un comédien dont le talent suscitait  l'admiration mais aussi une personnalité qui emportait la sympathie", a-t-elle  déclaré dans un communiqué.