Michou publie ses mémoires : sa couleur bleue teinte les nuits blanches de Montmartre

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/01/2018 à 17H55, publié le 20/01/2018 à 17H34
Michou : du bleu jusqu'au fond des yeux.

Michou : du bleu jusqu'au fond des yeux.

© France3/Culturebox

A prés de 87 ans, Michou, le propriétaire du cabaret parisien de travestis, vient de publier ses mémoires. "Michou, Prince bleu de Montmartre" (Editions du Cherche Midi) raconte sa jeunesse pauvre de picard monté à Paris et son ascension dans le monde de la nuit. Devenu un notable montmartrois, il évoque un Paris aujourd'hui révolu.

Michel Catty, dit Michou cavale vers ses 87 ans. Sous le brushing péroxydé, une mémoire vivante, celle de Montmartre où le jeune amiènois débarque en 1949. Carreleur, garçon de café puis tenancier d'un bar de nuit, sa renommée nait un soir de mardi gras, quand sa clientèle de noctambules costumés monte et danse sur les tables de l'établissement. Du déguisement aux travestis, la voie était tracée. Commerçant avisé, il devient ainsi un prince des nuits parisiennes, lui qui se décrit comme un introverti qui dissimule ses regards derrière de larges lunettes teintées bleues...

Je suis au fond un personnage traqueur et timide... C'est dommage, il parait que j'ai de beaux yeux bleus".

Michou
Propriétaire de cabaret    

https://videos.francetv.fr/video/NI_1167849@Culture

France Gall puis toutes les autres

Dans les années 60, Michou mouille la perruque, son numéro où, demi-nu et cambré comme un matador il se travestissait en France Gall, reste une référence du genre. D'ailleurs, il revendique un style qui n'appartiendrait qu'à son cabaret.

Il ne suffit pas de mettre des talons et une perruque. Mes garçons, et je les en remercie, ont beaucoup de talent. "Michou", pourquoi ça marche si fort, parce qu'il n'y a jamais une vulgarité, on peut même y aller avec des enfants.

Michou
Propriétaire de cabaret

Un rôle social ?

D'un bar de nuit pas trés bien famé, Michou a fait une institution courue des touristes en mal de folklore montmartrois. Le patron de cabaret est devenu un notable, qui invite généreusement les pensionnaires de la maison de retraite voisine à ses diners-spectacle. Sur la minuscule scène qui ne fait pas trois métres de large, défilent les avatars des plus grandes vedettes de la variété internationale. 

Chaque mois, il reçoit les anciens pour un repas qu'il offre. C'est un homme au grand coeur et sa générosité en fait un vrai montmartrois.

Alain Coquard
11ème président de la république de Montmartre