Quadruple vol au Palais Fesch d'Ajaccio : le procès s'est ouvert

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 26/10/2012 à 13H15
Les quatre tableaux volés, puis retrouvés, reprennent le chemin du Palais Fesch (Ajaccio, le 7 mai 2012)

Les quatre tableaux volés, puis retrouvés, reprennent le chemin du Palais Fesch (Ajaccio, le 7 mai 2012)

© Pascal Pochard-Casabianca

Le procès du voleur et d’un complice présumés de quatre tableaux qui avaient disparu du Palais Fesch d’Ajaccio en février 2011 s’est ouvert vendredi devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio. Les œuvres, d’une grande valeur, étaient réapparues mystérieusement en mai sur un parking de la ville

L’audience prévue le 28 septembre avait été reportée à la demande de la défense du voleur présumé, Antoine Mocellini, un gardien de nuit du musée, placé en détention. L’autre prévenu, Christian Andarelli, est un cafetier ajaccien de 54 ans. Il est soupçonné d’avoir transporté les tableaux. Il avait reçu 14 appels téléphoniques du gardien du musée le jour du vol.

Antoine Mocellini, 45 ans, s’était accusé des faits et constitué prisonnier au commissariat d’Ajaccio le matin même du vol, le 19 février 2011. Il a toujours affirmé avoir agi seul pour obtenir un logement social, mais il n’avait pas pu restituer les tableaux, qu’il affirmait avoir laissés dans sa voiture.

Vendredi à la barre, il a présenté son geste comme un acte revendicatif, pas spéculatif. Christian Andarelli a continué à nier les faits qui lui sont reprochés.

Une affaire qui reste confuse
Datant des XIVe, XVe, XVIe et XVIIe siècles, les oeuvres (une "Pentecôte"  de Mariotto di Nardo, une "Vierge à l'enfant" de Bellini, une autre d'un  anonyme ombrien et "Midas à la source du fleuve Pactole" de Poussin) sont des  pièces majeures du Palais Fesch Musée des Beaux-Arts, qui abrite la deuxième collection de peinture italienne de France après celle du Louvre, à Paris.

L’affaire avait rebondi le 4 mai avec la découverte des tableaux, intacts, sur un parking. Les circonstances de l’affaire sont restées confuses, notamment sur l’existence d’éventuels commanditaires et sur les receleurs qui ont gardé les œuvres pendant seize mois. Celles-ci ont retrouvé les cimaises du Palais Fesch le 7 mai dernier.

L'avocate d’Antoine Mocellini, Me Valérie Bozzi, a demandé des expertises ADN sur les tableaux et le sac plastique dans lequel ils étaient enveloppés, des études de vidéo-surveillance et des auditions de témoins, autant d'actes refusés par la juge d'instruction.