La France et l'Arabie saoudite annoncent une coopération culturelle tous azimuts

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/04/2018 à 12H12, publié le 09/04/2018 à 11H13
Un tombeau de la cité nabatéenne de Madain Salih en Arabie Saoudite

Un tombeau de la cité nabatéenne de Madain Salih en Arabie Saoudite

© Mary Evans / SIPA

Paris et Riyad doivent signer mardi un accord pour le développement touristique et culturel de la région d'Al-Ula (nord-ouest de l'Arabie) particulièrement riche en vestiges archéologiques et en paysages d'exception, ont annoncé dimanche les deux pays. Par ailleurs, la France va aider à la création d'un opéra en Arabie saoudite. Et le pays va participer pour la première fois au festival Cannes.

Cet accord, d'une durée de dix ans, prévoit la création d'une agence dédiée sur le modèle de l'agence France Museum, qui a piloté la mise sur pied du Louvre Abu Dhabi inauguré en novembre dernier, a indiqué à des journalistes Gérard Mestrallet, président du conseil d'administration du groupe énergétique Engie et envoyé spécial du président français Emmanuel Macron pour Al-Ula.
 
L'agence sera chargée du développement de musées, de la partie archéologique du site, de la formation des professionnels du tourisme et de la mise en place d'infrastructures d'accueil.  
 
"La région concernée par cet accord a une superficie de près de 22.000 km2", a souligné le directeur général de la Commission royale pour Al-Ula, Amr Al Madani.
La cité nabatéenne de Madain Salih en Arabie saoudite

La cité nabatéenne de Madain Salih en Arabie saoudite

© Giuseppe Masci / AGF / Photononstop / AFP

Madain Salih, un site nabatéen exceptionnel

Elle comprend des sites exceptionnels, comme l'ancienne cité nabatéenne de Hegra à Madain Salih. Les Nabatéens y ont construit, entre le Ve siècle avant JC et le IIe de notre ère, plus de cent tombeaux grandioses comme ceux de Petra, en Jordanie. Les fouilles, menées d'abord par les archéologues saoudiens, n'ont commencé qu'à la fin des années 1980. Un programme de fouilles franco-saoudien, avec des équipes du CNRS, a été mis en place en 2008
 
La région présente aussi des paysages spectaculaires de canyons taillés dans le sable.
 
L'accord qui doit être signé mardi, a souligné Gérard Mestrallet, est "sans précédent", notamment par l'ampleur des domaines qu'il couvre : archéologie, offre culturelle et artistique mais aussi infrastructures, énergie, transports, formation et "tout ce que la France peut offrir en termes de valorisation du patrimoine".
Vue générale du site de Madain Salih en Arabie saoudite

Vue générale du site de Madain Salih en Arabie saoudite

© Fayez Nureldine / AFP


Un musée et un centre de recherche sera créé à Al-Ula

L'agence, dont Gérard Mestrallet est pressenti pour occuper la présidence, sera financée par des capitaux saoudiens, mais aucun chiffre n'a été communiqué par les deux responsables.
 
Même discrétion concernant le montant d'un fonds de dotation pour la protection du patrimoine français qu'abonderait Riyad.
 
Un musée et un centre de recherche historique et archéologique seront créés à Al-Ula, située à 1.100 km de la capitale. Cent cinquante étudiants et étudiantes à parité seront formés aux métiers du tourisme et de la culture.

La France va aider à la création d'un opéra à Jeddah

Par ailleurs, la ministre française de la Culture Françoise Nyssen a annoncé lundi que la France va aider l'Arabie saoudite à se doter d'un orchestre et d'un opéra.

Le prestigieux Opéra de Paris assurera "une mission d'audit des installations musicales en vue d'accompagner les Saoudiens dans la création d'un orchestre national", a-t-elle déclaré, sans préciser la nature de la contribution française. Cet opéra sera construit à Jeddah, grande ville de l'ouest saoudien située en bordure de la mer Rouge.
 
En plus de la musique, un accord a également été signé avec "la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son) pour la formation de jeunes professionnels du cinéma, et avec l'Institut national de l'audiovisuel, (Ina) pour la numérisation de leurs archives", a précisé la ministre, alors que son homologue saoudien annonçait la première participation officielle de son pays au festival de Cannes. Une participation symbolique, avec la projection de neuf courts métrages saoudiens et l'organisation de rencontres professionnelles.

Riyad veut développer le tourisme 

Les premiers touristes pourraient être accueillis dans la région "d'ici à 3 à 5 ans", selon Amr Al Madani. Une fois complètement équipée, la région, qui dispose déjà d'un aéroport, devrait pouvoir recevoir entre 1,5 et 2,5 millions de visiteurs par an en respectant l'environnement et les normes de développement durable, selon le responsable saoudien.

Le prince Sultan ben Salmane ben Abdelaziz, en charge du tourisme, avait annoncé en décembre dernier que des visas de tourisme seraient délivrés à partir du premier trimestre 2018. Le royaume, très dépendant du pétrole, était jusque-là fermé aux touristes, ne délivrant de visas que pour les travailleurs étrangers ou les pèlerins se rendant à la Mecque.
 
 
Par ailleurs, en août, Riyad avait annoncé le lancement d'un projet touristique d'envergure consistant à transformer une cinquantaine d'îles de la mer Rouge en stations balnéaires de luxe.
 
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, surnommé "MBS", est arrivé dimanche pour une visite de trois jours en France, afin de vanter ses réformes et resserrer les liens avec Paris après des tensions liées aux crises régionales.