Traces d'histoire dans les cellules de la prison Montluc à Lyon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/04/2013 à 17H17
Prison Montluc 2e étage

Prison Montluc 2e étage

© G.Bisson

La prison Montluc, à Lyon, aura vu circuler des publics bien différents. Elle ouvre ses portes pour faire découvrir ce lieu chargé d’histoire : près de 8000 prisonniers, résistants, juifs, otages arrêtés par la Gestapo y furent internés entre 1942 et 1944. Les murs des cellules ont gardé les stigmates de leur douleur.

Construite en 1921, la prison militaire de Montluc est à ses débuts sous-utilisée. On est loin d'imaginer qu'elle deviendra l'un des pires lieu de détention et de répression.

Fermée à l’automne 1932, la centaine de détenus qui l’occupe est répartie entre les autres prisons lyonnaises. Elle est finalement remise en activité par l’administration militaire en 1939 et abrite des prévenus de droit commun, des militaires purgeant de courtes peines ainsi que des militants communistes.

Sous le gouvernement de Vichy, le nombre d’incarcérations augmente. Mais c'est entre 1942 et 1944 qu'il sera le plus important. La prison sera réquisitionnée par l’autorité d’occupation suite à l’invasion de la zone libre le 11 novembre 1942. Des milliers d’hommes seront incarcérés entre les murs de Montluc. Ils laisseront une trace de leur passage. 

Reportage: Julien Sauvadon, Frédéric Elhorga, Francis Bernès

https://videos.francetv.fr/video/NI_145035@Culture

Des conditions de détention effroyables 
Avec le renforcement de la répression et la multiplication des arrestations, la prison de Montluc est rapidement surpeuplée. Les cellules abritent chacune 6 à 7 détenus et plusieurs lieux sont réaffectés pour entasser de nouveaux prisonniers. Notamment à cause du manque de place, l’incarcération à Montluc est une épreuve physique mais aussi morale. Les détenus vivent dans la crainte d’une convocation pour interrogatoire à la Gestapo, et des départs pour la déportation ou pour l’exécution. Plus de 600 prisonniers auraient été extraits de Montluc pour être fusillés.

Montluc après la libération 
Dès le 7 septembre 1944, la prison de Montluc accueille des collaborateurs en attente de jugement. Le Tribunal permanent des forces armées est installé dans un bâtiment jouxtant la prison. Y sont jugés d’anciens collaborateurs, mais aussi des partisans de la cause algérienne. A partir de 1997, la prison n'accueillera finalement plus que des femmes. Le quartier des hommes, où séjourna notamment Jean Moulin, est alors condamné. Le quartier des femmes est, lui, réhabilité et restera en activité jusqu’en février 2009 (il abritait alors une vingtaine de détenues), date à laquelle la prison de Montluc fermera ses portes définitivement, suivie bientôt par les prisons lyonnaises vétustes de Saint-Paul et Saint-Joseph.

De la prison au lieu de mémoire 
L’Association des rescapés de Montluc (association fondée au lendemain de la guerre) se battait depuis plusieurs années pour faire reconnaître la prison comme un lieu de mémoire. Une persévérance enfin récompensée par l’inscription d’une partie de la prison à l'inventaire des monuments historiques en juin 2009. Il est alors décidé de créer un mémorial pour valoriser les parties classées de la prison. Nul doute que la découverte de ces inscriptions de détenus renforcera cette idée que Montluc est un témoignage unique de l'histoire de France. 

Visiter la prison de Montluc 
Ouvert l'après-midi, du mercredi au samedi 
Renseignements et réservation au 04 78 27 15 61