Taj Mahal : le prix d'entrée multiplié par cinq pour les visiteurs indiens afin de réduire la fréquentation

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 10/12/2018 à 16H42
Le Taj Mahal menacé

Le Taj Mahal menacé

© Dominique Faget /AFP

Les autorités indiennes ont multiplié par cinq le prix d'entrée au Taj Mahal pour les visiteurs locaux, afin de limiter le nombre de touristes et de réduire les dégâts infligés au premier site touristique d'Inde.

Le billet "tout compris" pour le Taj Mahal, mausolée construit au XVIIe siècle par l'empereur moghol Shâh Jahân pour sa femme bien-aimée Mumtaz Mahal, est passé de 50 roupies (0,70 dollar) à 250 roupies pour les touristes indiens, qui constituent la majorité de ses 10.000 à 15.000 visiteurs quotidiens. Les touristes étrangers paieront eux désormais 19 dollars (environ 16,5 euros) - contre 16 dollars auparavant (14 euros) - pour visiter le palais en marbre blanc situé dans la ville d'Agra, dans le nord de l'Inde.

Réduire la fréquentation de 20%

"Nous voulons que les gens payent plus afin de limiter la fréquentation", a expliqué à l'AFP un membre du Service Archéologique d'Inde, l'agence gouvernementale responsable de l'entretien du site, qui avait attiré près de 6,5 millions de personnes en 2016. "Cela va réduire le nombre de visiteurs du mausolée d'au moins 15 à 20% et générer les revenus nécessaires à sa conservation", a estimé cette même source. Le gouvernement indien avait décidé il y a quelques mois de restreindre le nombre de touristes à 40.000 par jour au maximum. Auparavant, jusqu'à 70.000 personnes pouvaient envahir le site chaque jour durant les week-ends.

Dommages irréversibles

Selon les experts, l'immense flot de visiteurs est à l'origine de dommages irréversibles pour le sol en marbre, les murs et les fondations du palais. Les autorités luttent pour arrêter le jaunissement du marbre blanc, alors que la pollution ne cesse d'augmenter à Agra. Des excréments d'insectes venus de la rivière voisine Yamuna, l'une des plus polluées d'Inde, sont aussi à l'origine de graves dégâts.

La Cour Suprême s'alarme

En juillet, la Cour Suprême d'Inde avait menacé de fermer, voire de démolir, le monument devant l'incapacité du gouvernement à le protéger des dégradations. Elle avait alors demandé aux autorités indiennes de consulter des experts internationaux afin d'accélérer les efforts de conservation.