Restitution des œuvres d'art africaines : les espoirs du Bénin

Par @Culturebox
Publié le 12/01/2018 à 12H55
Œuvres africaines du musée du Quay Branly

Œuvres africaines du musée du Quay Branly

© France 2 Culturebox capture d'écran

Alors que le président Macron a annoncé que les œuvres d'art africaines présentes dans les musées français pourraient être rendues définitivement ou temporairement à leurs pays d'origine, les responsables culturels s'inquiètent des futures conditions de conservation. Les pays africains, eux, s'en réjouissent. Voici l'exemple du Bénin, l'ancien Dahomey du temps de la colonisation française.

C'est un sujet plus délicat qu'il n'y paraît. Lorsque le président Macron déclare à Ouagadougou que les oeuvres d'art africaines actuellement dans les musées français seront restituées à leurs pays d'origine "définitivement ou de manière temporaire", il touche des domaines très sensibles. Celui de l'art bien sûr, mais aussi ceux de l'Histoire, de la colonisation et singulièrement des rapports actuels entre la France et ses anciennes colonies. Au delà du strict enjeu culturel, c'est donc la reconnaissance implicite d'une sorte de "pillage" ou en tout cas d'une appropriation illégitime d'un patrimoine qu'il est question. 

Reportage : I. Sabourault / M. de Chalvron / J. Beckrich / B. Girodon / A. Husser / L. Bleuzen

https://videos.francetv.fr/video/NI_1161077@Culture

Les conservateurs de musée tiennent à... conserver ces oeuvres d'art, arguant que les conditions de leur maintien en bon état ne sont pas assurées dans les musées africains. Du côté des pays concernés, on se réjouit, bien sûr, à l'idée de récupérer ces témoignages de l'histoire culturelle. Quant à la question de la pérennité des oeuvres qui seront restituées, une coopération pour la mise à niveau des musées pourrait être imaginée en lien avec les établissements détenteurs actuels. L'idée de rendre ce patrimoine mal acquis n'est pourtant pas nouvelle. A Cotonou, la capitale économique et culturelle du Bénin, un grand nombre d'oeuvres a déjà été restitué, après de longues négociations entre les pouvoirs culturels de Paris et de Porto-Novo.