Loir-et-Cher : une chapelle néo-gothique "à emporter" partie pour 24.000 euros !

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/01/2018 à 19H02, publié le 22/01/2018 à 18H59
La chapelle néo-gothique de Moncé vendue aux enchères le 22 janvier 2018.

La chapelle néo-gothique de Moncé vendue aux enchères le 22 janvier 2018.

© Me Rouillac

Une chapelle néo-gothique du XIXe siècle en ruines, "à emporter", a été vendue ce lundi 22 janvier aux enchères à Saint-Firmin-des-près (Loir-et-Cher) pour 24.000 euros. Comme établi, la chapelle sera rebâtie dans la propriété en Sologne de Monique Pozzo di Borgo, veuve du fondateur de la chaîne de restaurants Bistro romain.

"C'est la première fois qu'une chapelle est vendue aux enchères !", s'enorgueillait il y a quelques jours le commissaire priseur Me Philippe Rouillac. Surtout, la particularité de cette vente était que la chapelle soit "à emporter". Il va sans dire que les enchères ont attisé la curiosité. Une trentaine de personnes s'étaient déplacées pour assister à cette vente insolite, dont plusieurs des 850 habitants du village où la chapelle a été édifiée à la fin du XIXe siècle par le châtelain du domaine de Moncé, près de Vendôme.

L'acheteuse : une collectionneuse d'art religieux

La mise à prix était de 5.000 euros. Le propriétaire actuel de Moncé, le pionnier de la sexologie française Jacques Waynberg, s'est déclaré "ravi que la chapelle soit sauvée et déplacée sur le même territoire", dans le Loir-et-Cher où habite Monique Pozzo di Borgo.

"Je suis collectionneuse d'art religieux. J'ai commencé avec des images de première communion, puis des chapelets... Avec l'achat de cette chapelle je réalise un rêve d'enfant", a expliqué Mme Pozzo di Borgo. "Ça me faisait mal au coeur de la voir partir en ruines. Je sais que le prix d'achat n'est rien à côté des travaux pour déplacer les pierres de tuffeau et la restaurer à l'identique", a-t-elle ajouté.

La restauration sera beaucoup plus onéreuse

Selon un architecte présent sur place et qui souhaitait être acquéreur, il faut compter au minimum 150.000 EUR pour restaurer l'édifice. "Il faut faire des photos, puis un relevé graphique, numéroter les pierres, procéder à la dépose... Il faudra six mois pour faire ce travail avant de déplacer les pierres, qui sont fragiles car elle est bâtie en pierres de tuffeau, en calcaire tendre", a-t-il expliqué. Sans compter la "repose" dans le cadre de l'aménagement d'un chantier de taille de pierres.

"La dernière chapelle qui a été vendue, à Brest, complète, avec le terrain, a fait 12.000 euros", a rappelé le commissaire priseur Philippe Rouillac, qui a mené la vente avec son fils Aymeric.
La chapelle n'est ni classée, ni inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Rien ne s'opposait donc à sa vente et à son "démontage". A l'abandon, l'édifice a notamment souffert de la tempête de décembre 1999 : le clocher est tombé lors d'une maladroite tentative de restauration, la toiture a été arrachée et seuls subsistent les murs.