Des antiracistes demandent le retrait de la maison de Pierre Loti du "Loto du patrimoine"

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/06/2018 à 21H48, publié le 01/06/2018 à 21H05
La maison de Pierre Loti à Rochefort fait partie des 18 sites du "Loto du patrimoine".

La maison de Pierre Loti à Rochefort fait partie des 18 sites du "Loto du patrimoine".

© XAVIER LEOTY / AFP

Auteures d'une tribune publiée dans Le Monde, des associations antiracistes ont demandé le 1er juin à Emmanuel Macron de retirer du "Loto du patrimoine" la maison de Pierre Loti. L'écrivain s'est illustré selon eux "par une haine d'une violence inouïe à l'égard des Arméniens et des juifs".

La maison de l'auteur de "Pêcheur d'Islande" à Rochefort (Charente-Maritime) a été retenue lundi parmi 18 "sites emblématiques" aidés en priorité par le nouveau "Loto du patrimoine", dont le lancement est prévu début septembre.

Une tribune dans Le Monde 

Pierre Loti (1850-1923) a évoqué dans certains de ses écrits les "figures abjectes" des Juifs et la "lâcheté morale" des Arméniens, dénoncent dans une tribune publiée par Le Monde le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, l'Union des étudiants juifs de France ou encore SOS-Racisme.

Ces associations demandent à Emmanuel Macron de "retirer" la maison de Pierre Loti de la liste des bénéficiaires du loto, de ne pas se rendre dans ce lieu, et de "débaptiser les établissements scolaires au nom de cet auteur de discours de haine". "Alors que le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme, qui concernent à la fois les juifs et les Arméniens, continuent de se déverser sur notre territoire, nous regretterions que les auteurs d'actes ignobles, trouvent dans les auteurs que la République honore, une source d'inspiration inépuisable", écrivent les associations.

Ecrits haineux

"On pleurerait avec eux - si ce n'étaient des Juifs et si l'on ne se sentait le coeur étrangement glacé par toutes leurs abjectes figures", écrivait Pierre Loti dans "Jérusalem" (1894). Dans "La Mort de notre chère France en Orient" (1920), l'écrivain-voyageur écrivait, peu après le génocide arménien : "en ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu'à de rares exceptions près, je n'ai rencontré chez (les Arméniens) que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie".