Les peintres de la grotte Chauvet ont utilisé des fusains de pin, selon une étude du CNRS

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 26/04/2018 à 15H10, publié le 26/04/2018 à 15H02
Photo d'archive d'une fresque de la grotte Chauvet. 

Photo d'archive d'une fresque de la grotte Chauvet. 

© BEP/LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ

Une étude réalisée par des chercheurs du CNRS et publiée dans la revue Antiquity nous en apprend davantage sur la manière dont les artistes de la préhistoire qui ont orné les parois de la grotte Chauvet ont fabriqué leurs fusains. Ils privilégiaient le charbon de pin, gros producteur de bois mort et gage de beaux tracés.

La grotte Chauvet a été découverte en 1994 par un trio de spéléologues amateurs. Elle a depuis été inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. D'après les travaux conduits par plusieurs chercheurs du CNRS qui ont fait parler les charbons de bois de la grotte ardéchoise, sur les 171 échantillons analysés, tous sauf un sont en effet issus de pins, 

Amas de charbon de pin

Ces charbons ont été laissés par les hommes de l'Aurignacien (37.000 à 33.500 avant notre ère) et du Gravettien (31.000 à 28.000) ayant fréquenté le site Chauvet-Pont d'Arc (Ardèche), exceptionnellement préservé.

Parmi les nombreux foyers identifiés, souligne l'étude, une partie était dévolue uniquement à la production de charbon de pin dont les artistes se servaient pour la réalisation de leurs fresques, chefs-d'oeuvre de l'art pariétal. "A la verticale exacte de la représentation d'un cheval, on retrouve ainsi de la poudre de charbon de pin correspondant au fusain qui s'écrase dans les doigts du peintre", explique à l'AFP Jean-Michel Geneste, conservateur national du patrimoine et archéologue de la préhistoire. Il y a également des amas de charbon de pin servant à fabriquer les fusains au pied des parois ornées.

Les qualités du pin

La présence de ces conifères témoigne d'un climat froid et sec, avec un paysage de steppe rythmé par des bosquets de pin, de bouleau ou de genévrier.

"Le charbon de pin donne un très beau tracé, bien noir", poursuit l'archéologue. "Il est possible que cet arbre ait été privilégié pour ces qualités. Mais il était aussi sans doute le plus accessible, le plus facile à récolter." De plus, il brûle bien et donnait de grandes flammes permettant d'éclairer la grotte.