La collection Aristophil aux enchères : derrière l'escroquerie 130.000 manuscrits

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/12/2017 à 17H28, publié le 15/11/2017 à 14H02
Lettre autographe illustrée de van Gogh

Lettre autographe illustrée de van Gogh

© France 2 Culturebox capture d'écran

Les ventes de manuscrits de la collection Aristophil, des pièces proposées à des épargnants pour placer leurs économies, seront thématiques, a-t-on appris mardi auprès de l'étude Aguttes qui donnera le 20 décembre à Drouot le coup d'envoi de ces enchères prévues pour durer six ans.

La justice soupçonne la société Aristophil, mise en liquidation, d'être au coeur d'une escroquerie. Son créateur Gérard Lhéritier a été mis en examen en 2015 notamment pour escroquerie en bande organisée, blanchiment et pratiques commerciales trompeuses.

Liquidation de la société Aristophil 

Quelque 130.000 oeuvres doivent être dispersées lors de 300 ventes. La collection constituée par Gérard Lhéritier est répartie en trois catégories: les lots de la liquidation, ceux détenus par un seul propriétaire et les lots détenus en indivision (jusqu'à 2.000 personnes pour un lot), a expliqué Me Claude Aguttes. "Si on décide de faire une vente autour de Mozart, on prendra un manuscrit de la liquidation Aristophil, dix de la seconde catégorie et trois ou quatre de la troisième. Les ventes seront horizontales et thématiques", a précisé Me Aguttes, dont l'étude a été choisie après appel d'offres du tribunal pour traiter ces documents. "Il faut faire des ventes qui se tiennent, mélanger des choses importantes et des choses moyennes", a-t-il ajouté, précisant que d'autres maisons d'enchères participeront aux ventes. 

Reportage France 2 : V. Gaget / T. Paga / E. Denis / A. Placier / D. Fuet / S. Ruaux / I. Tartakovsky

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"On espère que la vente du 20 décembre permettra déjà une indemnisation partielle pour certaines victimes, ce qui ne remettra pas encore en cause la nécessité de poursuivre les procédures en cours devant la justice pénale et civile", a déclaré à l'AFP Philippe Julien, avocat du cabinet PDGB qui défend les intérêts de quelque 500 personnes soutenues par l'Association de défense des investisseurs en livres et manuscrits (Adilema).

Des petits épargnants floués

Aristophil proposait aux investisseurs, dont beaucoup de petits épargnants, de placer leurs fonds dans des manuscrits comme le testament politique de Louis XVI, des écrits du général de Gaulle, du marquis de Sade ou d'André Breton. Quelque 18.000 personnes ont ainsi souscrit pour 850 millions d'euros de contrats. Aristophil annonçait des rendements de 8 à 9%, un niveau surprenant pour les enquêteurs, qui soupçonnent un système de cavalerie, où l'apport de nouveaux investisseurs sert à payer ceux qui souhaitent récupérer leur mise.

Pas moins de sept camions ont été nécessaires pour transporter la collection dans des locaux sécurisés où une équipe dédiée d'une quinzaine de personnes constituée par l'étude Aguttes a "pointé" les différentes pièces.