Maurice Genevoix : l'auteur de "Ceux de 14" marqué à jamais par ce qu'il a vécu aux Eparges

Mis à jour le 12/11/2018 à 10H37, publié le 06/11/2018 à 19H09
Maurice Genevoix lors de la Première guerre Mondiale

Maurice Genevoix lors de la Première guerre Mondiale

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Maurice Genevoix va entrer au Panthéon. L'annonce a été faite ce 6 novembre par Emmanuel Macron lors de son "itinérance mémorielle" à l'occasion du centième anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale. Le destin de l'auteur de "Ceux de 14" est intimement lié aux Eparges, dans la Meuse. C'est ici qu'il a combattu en 1915 et qu'il a été grièvement blessé.

"Ce site est l'expérience la plus traumatisante qu'il n'ait jamais connu" explique Nicolas Czubakn, membre du conseil scientifique du Mémorial de Verdun. C'est en effet sur la côte des Eparges, un village de la Meuse surmonté d'une colline stratégique qui fut le théâtre de combats sanglants qui ont duré plusieurs mois que le romancier fut grièvement blessé en 1915. C'est suite à cet épisode qu'il a aussi décidé d'écrire. Cinq récits rédigés entre 1916 et 1923 et publiés dans un recueil "Ceux de 14". Maurice Genevoix deviendra ensuite le porte-parole des anciens-combattants de la Grande Guerre. 

"Images drone : Christophe Aubertin - SIAPV pour France Télévisions / France 3 Grand Est" 

Grièvement blessé en 1915, Maurice Genevoix ne retourna pas au front. Un de ses professeurs de l'Ecole Normale Supérieure lui conseilla d'écrire. Il se met alors à rédiger une sorte de journal de guerre, dans lequel il consigne ses souvenirs. Il y racontera l'horreur, le quotidien des soldats, les plaintes de ceux qui étaient horriblement mutilés. Le premier récit, "Sous Verdun", est publié dès 1916. "L'ouvrage fut largement censuré à sa sortie car il dépeint la guerre avec beaucoup de réalisme" explique encore Nicolas Czubakn, membre du conseil scientifique du Mémorial de Verdun. Il fut suivi de 4 autres récits, dont un en 1923 consacré aux Eparges.

Robert Porchon et tous ceux de 14

Grièvement blessé, Maurice Genevoix a eu la vie sauve. Mais pas son meilleur ami, Robert Porchon, son "frère de sang". L'officier français est tué le 20 février 1915 aux Eparges. Maurice Genevoix ne s'en remettra jamais. Tout sa vie, il se rendait dès qu'il le pouvait aux Eparges pour se recueillir sur sa tombe. C'est aussi ce soldat et tous "Ceux de 14" qui entreront au Panthéon aux côtés de l'académicien. C'est le souhait du président de la République.

Emmanuel Macron a annoncé deux "panthéonisations". Celle de Maurice Genevoix et, à titre collectif, celle de "Ceux de 14", "incarnant la nation combattante. Un collectif qui se compose des civils appelés sous le drapeau et des militaires de carrière engagés dans les combats, mais aussi des femmes qui les ont accompagnés sur le front", a-t-il déclaré lors de son annonce du 6 novembre.