14/18 : les dessins de presse comme armes de guerre au musée Peynet

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/04/2014 à 10H56
La Première Guerre Mondiale croquée par la presse de l'époque

La Première Guerre Mondiale croquée par la presse de l'époque

© France3/Culturebox

A l'occasion de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, le musée Peynet d'Antibes propose une exposition originale de dessins. Utilisés comme outils de propagande, toutes ces oeuvres ont été réalisées par des artistes contraints par le pouvoir en place de relater une vision positive de cette guerre, sous peine d'être censurés. Une presse mensongère acheminée jusque dans les tranchées.

Reportage : N. Layani / F. Tisseaux / G. Giordiano

https://videos.francetv.fr/video/NI_146889@Culture

Le 2 août 1914, la censure, baptisée Anastasie, s'empare de la presse française et aucun journal n'est épargné. Un bureau de la presse est créé au ministère de la Guerre, à Paris. Son rôle : contrôler les articles avant parution pour vérifier qu'aucune information propice à l'ennemi ou des passages à caractère défaitiste ne soit publié. Parmi les sujets interdits : parler des stratégies militaires, faire état du nombre de canons, avions, obus et autres attirails militaires français, faire état du nombre de blessés, tués ou prisonniers, attaquer le commandement.

Née dans les tranchées de la Grande Guerre, l'expression "bourrage de crâne" vient des poilus qui l'inventent pour dénoncer les absurdités lues dans la presse. En effet, du fait de cette censure, les journalistes sont obligés de faire appel à leur imagination pour remplir les colonnes de leur journal et nourrir la propagande : fausses interviews, informations erronées.
 
Mais au-delà des dégâts fait sur les lecteurs, l'impact de la Première Guerre mondiale sur la presse française est sans pitié. Dès les premiers mois de la guerre, beaucoup de journaux disparaissent. Les autres, faute de rédacteurs, doivent réduire leur publication. Ainsi, toutes les parutions ne comportent désormais plus que deux pages au lieu de quatre.

Réduction de l'approvisionnement en pâte à papier, pénurie de main-d'œuvre, autant de facteurs qui induisent à la hausse des prix de vente des quotidiens. Un réalité qui n'empêche pas les lecteurs d'acheter toujours plus la presse. Résultat : bon nombre de journaux sont créés entre 1914 et 1918.
"Le dessin de presse pendant la première guerre mondiale" - Au musée de Peynet à Antibes
Jusqu'au 28 février 2014

Plus d'infos : 04 22 10 60 01 ou accueil@antibesjuanlespins.com