Emmanuel Macron annonce une "Fondation pour la mémoire de l'esclavage"

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 27/04/2018 à 19H13, publié le 27/04/2018 à 18H31
Emmanuel Macron au Panthéon le 27 avril entouré d'enfants 

Emmanuel Macron au Panthéon le 27 avril entouré d'enfants 

© Thibault Camus / POOL / AFP

"La Fondation pour la mémoire de l'esclavage", annoncée en 2016 par François Hollande, "sera créée cette année" a déclaré le 27 avril le président Emmanuel Macron, lors d’une cérémonie commémorative de l’abolition de l’esclavage au Panthéon, à Paris. L’institution sera présidée par l'ex-Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault, a-t-il précisé.

Moyens humains et financiers

La fondation "sera logée à l'Hôtel de la Marine où l'abolition de l'esclavage fut décrétée le 27 avril 1848", par Victor Schoelcher, a affirmé le chef de l'Etat au lors de la cérémonie commémorant le 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

L’institution "sera dotée de moyens humains et financiers mais aussi scientifiques, pour mener des missions d'éducation, de culture, de soutien à la recherche et aux projets locaux, sous la présidence de Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et figure éminente de cette mémoire", a-t-il ajouté.
"Esclaves récoltant de la canne à sucre" circa 1800, Musee d'Aquitaine, Cours Pasteur, Bordeaux, Aquitaine

"Esclaves récoltant de la canne à sucre" circa 1800, Musee d'Aquitaine, Cours Pasteur, Bordeaux, Aquitaine

© Manuel Cohen / MCOHEN

Mémoire du passé colonial

"La Fondation aidera également à replacer l'esclavage dans le temps long de l'Histoire de la France, du premier empire colonial français à nos jours car il est impossible de parler de la France d'aujourd'hui sans parler de son passé colonial, sans dire en particulier le rapport singulier qu'elle entretient avec le continent africain, cette relation complexe et profonde qui est devenue une part inaliénable de nos identités respectives", a-t-il également affirmé.

"Enfin, la Fondation devra porter partout l'engagement de la France pour la liberté car l'esclavage n'a pas disparu et il reste encore aujourd'hui des abolitions à gagner", a ajouté le chef de l’Etat.
 "Châtiment par le fouet d'un esclave", Eugene Ferdinand Buttura, 1812-52, Musee d'Aquitaine, Cours Pasteur, Bordeaux

 "Châtiment par le fouet d'un esclave", Eugene Ferdinand Buttura, 1812-52, Musee d'Aquitaine, Cours Pasteur, Bordeaux

© Manuel Cohen / MCOHEN

La continuité d’un projet

L'ex-président Hollande avait annoncé la création de cette fondation le 10 mai 2016, lors de la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage, qui marquait aussi les 15 ans de la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité par la France.

A la même date l'an dernier, trois jours après l'élection d’Emmanuel Macron, François Hollande avait jugé "plus que jamais nécessaire de faire la paix des mémoires", invitant son successeur à "porter" à son tour ce message.