Dans les Ardennes, le musée Guerre et Paix couvre trois guerres de 1870 à 1945

Par @Culturebox
Publié le 23/01/2018 à 14H14
Les tranchées de 14-18, photographie exposée au musée Guerre et Paix

Les tranchées de 14-18, photographie exposée au musée Guerre et Paix

© France 3 Culturebox capture d'écran

Dans les Ardennes, la petite ville de Novion-Porcien accueille le musée Guerre et Paix. Sur 5000 m², il rappelle qu'entre 1870 et 1945 la terre de Champagne et les Ardennes ont été le théâtre tragique de trois conflits meurtriers. Comme son nom l'indique, le musée ne glorifie pas la guerre et rappelle combien la paix est précieuse. Il vient de rouvrir après complète réorganisation.

Les musées consacrés à la guerre sont nombreux dans l'est de la France, mais ce qui caractérise celui de Novion-Porcien dans les Ardennes c'est l'étendue de la période qu'il couvre. Entre 1870 et 1945, les troupes françaises et alliées se sont battues à trois reprises contre le même ennemi, qu'on le nomme prussien ou allemand, sur les mêmes collines. Des conflits qui ont détruit trois fois en moins d'un siècle les mêmes villages à chaque fois reconstruits, allongeant des listes sur les monuments aux morts, inscrivant tragiquement dans l'histoire les noms de nouvelles communes, de nouveaux sites devenus synonymes de massacres et de malheurs.

Le musée de Novion-Pourcien étend son propos de l'avènement de Napoléon III en 1852 à la capitulation du Japon après le feu nuclaire en 1945. En cent ans on était passé de la baïonnette à la bombe H.

Reportage : France 3 Champagne-Ardenne C. Meunier / D. Samulczyk / N. Baliguet-Morel

https://videos.francetv.fr/video/NI_1169855@Culture

Au lendemain des conflits, il était courant de valoriser l'acte héroïque, de prétendre que la guerre suscite ou réveille la bravoure, transcende le soldat. Le temps a passé et la guerre paraît aujourd'hui ce qu'elle est : une horreur indéfendable, broyant les gens et les lieux, anéantissant militaires et civils. Sur 5000 m², le musée rappelle que nos contemporains, en France au moins, ont la chance de vivre une période de paix qu'ils doivent en grande partie à l'Europe politique.

Militaires mais aussi civils

Grâce à des reconstitiutions précises des conditions de vie des soldats des trois guerres, à 14 000 objets divers, à 135 uniformes complets, et à 500 armes, le visiteur peut se plonger dans le quotidien des combattants. Pourtant les concepteurs n'ont pas oublié que la guerre n'affecte pas que les militaires. Parmi les "moments" de ce musée dédiés aux civils, une évocation de la déportation est particulièrement émouvante. Elle raconte le tragique destin d'une petite Juive ardennaise de 11 ans, raflée en 1944 et déportée à Auschwitz.

Le musée Guerre et Paix de Novion-Purcien permet aux plus jeunes de se faire une juste idée des événements qui ont si violemment affecté les lieux où ils vivent aujourd'hui en paix. Il passionne aussi ceux qui s'intéressent à l'Histoire et qui n'ignorent rien des événements évoqués. Le musée est même un excellent point de départ pour une visite des nombreux lieux de mémoires que comptent la région et tout l'Est du pays. 

Nouvelle muséographie

Le musée, fermé pendant près de dix ans vient de rouvrir après rénovation et une refonte complète de la muséographie. La date de son inauguration a été choisie de manière à coïncider avec l'anniversaire de signature du traité de l'Elysée qui, le 22 janvier 1963, scellait la réconciliation entre la France et l'Allemagne à travers la RFA.