Centenaire de l'armistice : émouvante cérémonie officielle à Paris, en musique

Par Lorenzo Ciavarini Azzi (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 12/11/2018 à 16H57, publié le 11/11/2018 à 14H55
Cérémonie du centenaire de l'armistice de 1918 : la chanteuse béninoise Angélique Kidjo interpète "Blewu", un chant des tirailleurs sénégalais, devant les chefs d'Etat du monde.

Cérémonie du centenaire de l'armistice de 1918 : la chanteuse béninoise Angélique Kidjo interpète "Blewu", un chant des tirailleurs sénégalais, devant les chefs d'Etat du monde.

© Francois Mori / POOL / AFP

Près de 70 chefs d'Etat et de gouvernement ont commémoré ce 11 novembre au pied de l'Arc de Triomphe à Paris le centenaire de l'armistice. Parmi les temps forts, l'allocution d'Emmanuel Macron exhortant "au combat pour la paix", la lecture par des lycéens de Seine-Saint-Denis de textes écrits pendant la guerre, les intermèdes musicaux avec Yo-Yo Ma, Renaud Capuçon et Angélique Kidjo notamment.

Peu après 10 heures, ce dimanche 11 novembre, près de 70 chefs d'Etat et de gouvernement ont assisté à une grande cérémonie sous l'Arc de Triomphe, en haut de l'avenue des Champs-Elysées, sous lequel gît le soldat inconnu et brûle perpétuellement sa flamme du souvenir, rappelant l'ampleur d'un conflit aux 18 millions de morts.

Reportage : C. Colmet, F. Dumont

https://videos.francetv.fr/video/NI_1316071@Culture

Après qu'à 11 heures le son des cloches des églises ait retenti un peu partout en France et, à Paris, le survol des avions de la patrouille de France et la cérémonie militaire, la suite de la commémoration a eu lieu pour le groupe des chefs d'Etat  sous un abri au pied de l'Arc de Triomphe. 

Des intermèdes musicaux très émouvants 

La cérémonie a été notamment marquée par des moments musicaux très émouvants.

https://videos.francetv.fr/video/NI_1316063@Culture

Le célèbre violoncelliste américain d'origine chinoise Yo-Yo Ma a d'abord interprété la Sarabande de la "Suite n°5" pour violoncelle en do mineur de Jean-Sébastien Bach. Des lycéens de la Seine-Saint-Denis, enveloppés dans une écharpe jaune, ont ensuite lu des témoignages de 1918, lettres et autres textes de Poilus ou de leurs proches.
Le violoniste français Renaud Capuçon a ensuite accompagné Yo-Yo Ma pour un passage du 2d mouvement de la "Sonate pour violon et viooncelle" de Maurice Ravel. Le choix de ce compositeur n'était pas anodin, le parcours de Ravel a été bouleversé par la guerre de 14 à laquelle il a participé comme ambulancier. De nombreuses oeuvres - sa célèbre "Valse" où on entend les bombes retentir, le "Concerto pour la main gauche", etc. - sont ainsi marquées cet événement. Hommage donc pertinent et extrêmement sensible.

https://videos.francetv.fr/video/NI_1316065@Culture

La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a ensuite chanté en hommage aux troupes coloniales : elle a interprété "Blewu", chant des tirailleurs sénégalais. Moment très fort en émotion. Et après le discours du président Macron, l'Orchestre des jeunes de l'Union européenne - formation d'excellence créée il y a quarante ans par le grand Claudio Abbado - a interprété sous la direction du chef d'orchestre russe Vasily Petrenko, très inspiré, le très célèbre "Boléro" de Ravel. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1316057@Culture

Plaidoyer pour la paix et ballet autour de la flamme

Le président français a prononcé un discours conjugant mémoire de la Grande guerre et affres contemporains. "Additionnons nos espoirs au lieu d'opposer nos peurs !", a-t-il lancé aux 72 leaders mondiaux les exhortant au "combat pour la paix" en refusant "le repli, la violence et la domination", plaidant une fois encore pour une approche multilatérale de la gouvernance mondiale à l'heure où de plus en plus de pays semblent enclin à lui tourner le dos, au premier rang desquels, les Etats-Unis, première puissance du monde.
Les lycéens ont constutué une sorte de chaîne humaine symbolique à partir du président Macron, pour la transmission de la flamme en hommage aus soldats tombés pendant la Grande guerre.

Les lycéens ont constutué une sorte de chaîne humaine symbolique à partir du président Macron, pour la transmission de la flamme en hommage aus soldats tombés pendant la Grande guerre.

© BENOIT TESSIER / POOL / AFP
Puis, il a ravivé la flamme du Soldat inconnu, avec à son épaule, la main de l'un des lycéens qui avaient lu les textes de la Grande guerre, qui à son tour a créé une sorte de chaîne humaine avec ses camarades. Les lycéens ont ensuite esquisé une sorte de ballet particulièrement fort et beau, autour de la flamme ravivée.


Pour en savoir plus sur les commémorations du centenaire de la Grande Guerre : Mission Centenaire