Gilets jaunes : un "sit-in" devant l'Opéra de Paris

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 15/12/2018 à 19H49, publié le 15/12/2018 à 13H08
Sitting des Gilets jaunes à l'Opéra de Paris, sur les marches du Palais Garnier, le 15 décembre 2018 à Paris

Sitting des Gilets jaunes à l'Opéra de Paris, sur les marches du Palais Garnier, le 15 décembre 2018 à Paris

© Mustafa Yalcin / Anadolu Agency / AFP

À l'occasion de la cinquième journée d'action des Gilets jaunes, plusieurs centaines de membres du mouvement social se sont rassemblés samedi à Paris pour un "sit-in" devant l'Opéra Garnier. Ils y ont observé une minute de silence pour les blessés depuis le début de leur mobilisation, a rapporté l'AFP. Ils ont réclamé la mise en place d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC) ou populaire.

Quelque 400 personnes se sont réunies sur les marches de l'Opéra, fermé exceptionnellement aux visites (comme plusieurs autres monuments culturels) mais dont les spectacles en soirée ont été maintenus. On pouvait entendre des slogans comme "Emmanuel Macron, tête de con, on vient te chercher chez toi".

Devant l'Opéra Garnier à Paris, des représentants des Gilets jaunes ont réclamé un référendum d'initiative citoyenne (RIC) afin de "rendre au peuple son rôle souverain". Alors que plusieurs manifestants brandissaient des pancartes "RIC", ils réitéraient ainsi une demande formulée jeudi devant la salle du jeu de Paume à Versailles, haut lieu de la Révolution de 1789.

Pour les manifestants de ce mouvement, d'abord axé essentiellement sur le pouvoir d'achat, il s'agit de modifier la Constitution pour "donner au peuple le droit de rédiger ou d'abroger une loi sur le sujet qu'il choisit". Voire de révoquer des élus et même le président.

La manifestation sur les marches de l'Opéra Garnier a débuté dans le calme avant que des tensions surviennent. En début d'après-midi, selon certains tweets, des Gilets jaunes se plaignaient d'être cernés par les forces de l'ordre et ne pouvaient ni rejoindre, ni quitter le site.

Dans les premiers moments du rassemblement, une minute de silence a été observée en mémoire des six morts et centaines de blessés depuis le début du mouvement le 17 novembre. Un petit groupe brandissait des roses blanches tandis qu'applaudissements et Marseillaise ont retenti à la fin de la minute de silence.
Un homme déguisé en roi se tient devant l'Opéra Garnier où des centaines de Gilets jaunes se sont rassemblés dans la matinée du samedi 15 décembre 2018, à Paris 

Un homme déguisé en roi se tient devant l'Opéra Garnier où des centaines de Gilets jaunes se sont rassemblés dans la matinée du samedi 15 décembre 2018, à Paris 

© Ian Langsdom / Epa / Newscom / MaxPPP

Ce mouvement est "un grand brassage démocratique", dit un manifestant

"Le mouvement est unitaire, c'est un grand brassage démocratique", jugeait Tony, 40 ans, réalisateur de documentaires qui participe à sa première manifestation "gilets jaunes", cité par l'AFP. "Je suis Parisien, j'essaie de convaincre les autres Parisiens que les gilets jaunes ne sont pas bêtes."

"On est là aujourd'hui car on n'a pas envie d'être les prochains SDF que l'on voit trop nombreux à Paris", témoignait Julie, 31 ans, conductrice d'engin, venue de l'Aisne pour manifester pour son troisième samedi consécutif.