Effervescence autour de la vente aux enchères d'objets du Ritz

Publié le 17/04/2018 à 19H39
Le Ritz : le salon Proust et ses objets mis aux enchères (17/04/2018)

Le Ritz : le salon Proust et ses objets mis aux enchères (17/04/2018)

© GERARD JULIEN / AFP

Le public s'est pressé mardi au premier jour de la vente aux enchères, à Paris, du mobilier du légendaire hôtel Le Ritz, à Paris, où vécurent Coco Chanel, Proust et Hemingway, et qui a vu les prix s'envoler.

Inventaire à la Prévert

Des rideaux, des accessoires de salle de bains, des têtes de lit, des fauteuils... les lots dispersés chez Artcurial atteignent souvent plus de trois fois leur estimation. Un très chic panier à chien "de style Louis XVI" part même à 2.600 euros (frais inclus). "C'est aussi adapté au chat", précise le commissaire-priseur, Stéphane Aubert.

Le lot le plus important, deux grandes sculptures porte-torchères estimées à 10.000 euros, sont cédées pour 54.600 euros (frais inclus) à un acheteur sur internet.

Venu de Berlin pour l'occasion, Philipp Gertner est ravi: il vient d'acquérir pour 1.300 euros deux portraits de Chopin, des reproductions d'après Eugène Delacroix, pour décorer l'un des lofts qu'il loue pour des événements, des séances photo ou des films. "Ce loft s'appelle 'Mr Hemingway', il est aménagé dans l'esprit de l'écrivain, donc cette vente avait une importance particulière pour moi. Le Ritz est tellement légendaire !", explique-t-il à l'AFP. Philipp Gertner a prévu de rester pendant les cinq jours de la vente, jusqu'à samedi. "Si ma compagne, avec qui je travaille, m'y autorise !", s'amuse-t-il.
Le Ritz : le salon Hemingway

© Gérard JULIEN / AFP

Des prix attractifs

Le comte Paul de Senneville, compositeur de musique et propriétaire de chevaux, est un habitué d'Artcurial et collectionneur d'art contemporain. "Là, cela me permet d'avoir des petits objets peut-être pour peu cher", explique-t-il. Il est notamment en quête de verres pour sa fille: des lots de 24 verres à bordeaux siglés, et des flûtes à champagne, estimés à 300-400 euros. Ainsi que d'un portemanteau "perroquet" accompagné de deux porte-bagages, qu'il acquiert finalement pour plus de 900 euros.

Le prestige du Ritz joue à plein: un canapé trois places de style Louis XV part à plus de 8.800 euros, plus de dix fois son estimation. Même des pièces à l'utilité incertaine trouvent preneur, comme cet ensemble de trois porte-drapeaux: "quand vous recevez des délégations chez vous", suggère le commissaire-priseur.

"Les prix de base sont très bas, c'est très attractif, ce n'est pas étonnant que ça parte aussi haut et aussi vite, c'est le Ritz, cela a un côté symbolique et unique", juge Raphaëlle Mattart, 23 ans, venue de Liège (Belgique) pour assister à sa première vente aux enchères.

Etats-Unis, Asie, Australie.... Près de 80% des acheteurs sont étrangers, selon Stéphane Aubert, l'un des deux commissaires-priseurs de la vente avec François Tajan, qui se félicite du "formidable" démarrage de la vente.

"Il y a beaucoup d'enchérisseurs en salle, sur internet, au téléphone, cela s'annonce très bien", se réjouit-il, soulignant que l'exposition précédant la vente a été visitée par 11.000 visiteurs en cinq jours.

Ces dernières années, Artcurial a aussi dispersé avec succès le mobilier du Crillon, du Plaza Athénée, de l'Hôtel de Paris à Monaco, ainsi que du restaurant La Tour d'Argent.