Damas : exposition archéologique dans une Syrie en guerre

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 04/10/2018 à 18H17, publié le 04/10/2018 à 18H16
Damas : exposition archéologique en octobre 2018

Damas : exposition archéologique en octobre 2018

© LOUAI BESHARA / AFP

Alors que la Syrie est déchirée par la guerre civile depuis sept ans, la Direction générale des antiquités et des musées du pays a inauguré mercredi une exposition à Damas rassemblant des centaines de pièces mises au jour sur tout le territoire.

Des dizaines de sites archéologiques à travers la Syrie ont été détruits, endommagés ou pillés depuis le début de la guerre en 2011. Quelque 500 pièces archéologiques sont exposées dans un centre culturel de la capitale, parmi lesquelles des pièces d'or, des statues en bronze ou des amphores.

Du Xe siècle avant J. C. à la période islamique

Les visiteurs peuvent admirer deux bustes rares sauvés de la ville antique de Palmyre (centre) puis restaurés en Italie après avoir été endommagés par le groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui a contrôlé un temps cette région.

Les objets exposés ont été "trouvés par l'armée syrienne et ses alliés, et les différentes forces de sécurité", après qu'ils eurent repris les villes et les sites archéologiques aux rebelles ou aux djihadistes, a indiqué le chef des Antiquités Mahmoud Hamoud. Ils datent de "toutes les époques, du 10e siècle avant Jésus-Christ à la période islamique", a-t-il ajouté.

Au total, plus de 9.000 objets ont été récupérés, venant de plusieurs régions syriennes, comme celle de Deraa, dans le sud, ou de Palmyre, a-t-il précisé. Certains objets viennent aussi de la province de Deir Ezzor, près de la frontière irakienne, où subsistent des poches de djihadistes.
Damas : buste de l'exposition archéologique d'octobre 2018

Damas : buste de l'exposition archéologique d'octobre 2018

© LOUAI BESHARA / AFP

Accusations réciproques de pillages

"Mais des dizaines de milliers de pièces archéologiques sont sorties du pays par le biais de la contrebande et n'ont pas été récupérées", a regretté M. Hamoud. Des antiquités syriennes ont ainsi été retrouvées au Liban voisin, a-t-il ajouté, précisant qu'elles ne faisaient pas partie de l'exposition. D'autres se trouvent en Turquie ou en Jordanie, selon lui.

Les insurgés et les forces gouvernementales se sont mutuellement accusés de piller les trésors du pays, que ce soit sur des sites archéologiques ou dans des musées.

Terre de multiples civilisations, des Cananéens aux Ottomans, la Syrie regorge de pièces archéologiques uniques datant des époques romaine, mamelouk et byzantine, avec des mosquées, des églises et des châteaux croisés. Six sites du pays, dont Palmyre, sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

Plus de 360.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit, déclenché par la répression sanglante de manifestations anti-gouvernementales.