Basilique de Saint-Denis : le "remontage" de la flèche a été lancé

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/03/2018 à 17H11, publié le 18/03/2018 à 17H04
Projet de reconstruction de la flèche de la basilique Saint-Denis.

Projet de reconstruction de la flèche de la basilique Saint-Denis.

© Jean-Gabriel Bontinck/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Le coup d'envoi de la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis a été donné samedi 17 mars par la ministre de la Culture. Françoise Nyssen souhaite que la nécropole des rois de France devienne "aussi reconnue que Notre-Dame".

Après trente ans de flottement, le gouvernement avait donné son feu vert au projet en février 2017. Le 17 mars, la ministre Nyssen a donné le coup d'envoi. Les travaux débuteront par une consolidation des fondations de la basilique. Le "remontage" de la tour devrait ensuite commencer en mars 2019.

Une basilique trop méconnue

Evalués à 20 millions d'euros, les travaux, qui devraient durer au moins dix ans, seront financés grâce au mécénat et aux visites du chantier. Erigées en 1219, la tour nord et la flèche médiévales - qui culminaient à 86 mètres - avaient été démontées pierre par pierre en 1845 après un tornade qui avait fragilisé l'édifice.

L'objectif de ce projet "exceptionnel", a relevé la ministre de la Culture, est aussi que la basilique de Saint-Denis, considérée comme l'une des premières grandes réalisations de l'art gothique en France et en Europe, "soit aussi reconnue que Notre-Dame ou Reims". "La basilique reçoit 130.000 visiteurs par an quand Notre-Dame de Paris en accueille 3 millions. Elle reste encore très méconnue", a souligné Francis Dubrac, président de l'Office de tourisme de Plaine commune Grand Paris. Avec le chantier de la flèche, il espère voir ce chiffre grimper à 300.000.

Chantier pédagogique

Le projet a aussi vocation à devenir "un outil pédagogique", notamment à destination des jeunes, a souligné Patrick Patrick Braouezec, président de Plaine Commune et président de l'association "Suivez la flèche", qui a signé samedi la "convention-cadre" de ce projet qui réunit l'Etat, le Centre des monuments nationaux et l'évêché de Saint-Denis. Un "village de chantier" sera également édifié. Dans ce "village" et sur la basilique, tailleurs de pierre, forgerons et charpentiers feront la démonstration de leur savoir-faire, à l'instar de ce qui a été fait sur la frégate de La Fayette, "L'Hermione", à Rochefort (Charente-Maritime). Un total de 4,6 millions de visiteurs avaient financé à plus de 60% le projet.

Le chantier de la flèche, qui "constitue le plus grand projet patrimonial français de ce début de siècle", selon le maire PCF de Saint-Denis Laurent Russier, est d'autant plus crucial qu'il se déroulera dans une ville "où les faits divers font souvent la Une", qui "mérite d'être mieux appréciée".