Sabine Devieilhe : "Ma voix et moi on se rencontre un peu plus chaque année"

Par J.M.Ogier, P.Puaud @Culturebox
Mis à jour le 11/03/2018 à 16H44, publié le 06/03/2018 à 17H17
Sabine Devieilhe dans sa loge à Caen

Sabine Devieilhe dans sa loge à Caen

© France 3 / Culturebox

Le 23 février dernier la reine de la soirée des Victoires de la musique classique c'était elle. Sabine Devieilhe est repartie d'Evian avec deux trophées celui de l'artiste lyrique de l’année et celui de l'enregistrement de l'année pour l'album "Mirages". Deux récompenses qui s'ajoutent à ses deux trophées de 2013 et 2015. Pour autant, la soprano très attachée à Caen reste simple et accessible.

2013 : Victoires de la musique classique : révélation artiste lyrique de l'année
2015 : Victoire de l'artiste lyrique de l'année
2018 : artiste lyrique de l'année et Victoire de l'enregistrement de l'année.
Voilà qui ressemble fort à la chronique d'une consécration annoncée. Le 25 février, Sabine Devieilhe est entrée dans le cercle prestigieux des artistes récompensés plusieurs fois aux Victoires. Elle rejoint dans ce "club" : Barbara Hendricks et Karine Deshayes, et peut espérer rejoindre Natalie Dessay et ses 6 trophées sur l'Olympe.

Reportage France 3 Normandie : P. Puaud, S. Nevenkics, S. Daniel, P. Mertz, M. Marc, B.Odolant

https://videos.francetv.fr/video/NI_1197139@Culture

Caen le 24 février. Sabine Devieilhe est sur scène dans "Le Dialogue des Carmélites" mis en scène par Olivier Py. La soprano est ici chez elle. Elle est née à Ifs tout près de Caen. Contrairement à de nombreux chanteurs ou instrumentistes elle n'est pas née dans une famille de musiciens. Ses parents sont éducateurs spécialisés... mais elle a une soeur qui enseigne le violon et le chant.

Très loin de l'esprit de compétition

Malgré son nouveau statut, Sabine Devieilhe aime revenir où tout a commencé. Au conservatoire de Caen, elle se destinait plutôt au violoncellle et a découvert le chant dans un choeur.

Je n'ai jamais eu de volonté de mettre le paquet pour arriver au plus haut. C'est arrivé naturellement avec beaucoup de travail. Je n'ai jamais eu le goût de la compétition".

Un jour à Caen le lendemain à Londres, Paris, Budapest, Rome avant Aix-en Provence cet été. Sabine Devieilhe est demandée sur toutes les scènes. Une carrière exigeante pour la mère de famille qu'elle est mais qui ne lui pèse nullement : "J'adore mon métier. J'ai tellement de chances d'avoir des gens dans le public qu'il faut que j'assure... je ne le prends pas comme une pression".

Comme un artisan

A 32 ans, la soprano travaille inlassablement sa voix tel un artisan : "Ma voix évolue. Elle fait partie de mon corps. Je change au fil du temps. C'est formidable de façonner son instrument. De lui faire faire la musique que l'on a envie de lui faire faire... de se rendre compte aussi de la musique qu'on ne peut pas lui faire interpréter."

Ma voix et moi on se rencontre un peu plus chaque année et c'est ça que j'adore.


Sabine Devieilhe chantera le Requiem de Mozart à la Chapelle Royale de Versailles les 10 et 11 mars; le 12 mars à l'Auditorium de Bordeaux et le 14 mars à la Halle aux Grains de Toulouse. 

Elle sera Mélisande dans "Pelléas et Mélisande au Théâtre Raymond Devos de Tourcoing les 24 et 25 mars.